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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 10:49
   
   
Ce sésame, le jeune Camerounais l'a obtenu en se distinguant aux Olympiades des métiers, où pendant trois jours, il a donné forme à une hydrolienne de 40 kg. À la mi-octobre, Williams Kemadjou a reçu la médaille d'or aux Olympiades des métiers de Bretagne, à Saint-Brieuc, catégorie serrurerie-métallerie.
 
    
 
   Une consécration pour ce sans-papiers arrivé en France il y a deux ans. Hier, il a pu régulariser sa situation en préfecture. Et regarde maintenant l'avenir sereinement.  La vie est belle ! ». Williams quitte la préfecture de Quimper le coeur léger. Avec en main un récépissé de demande de carte de séjour. « La personne qui m'a reçu m'a affirmé que d'ici trois mois, je recevrai ma carte de séjour. Valable un an et renouvelable. Je suis heureux ». À ses côtés, ses deux fées protectrices, Éliane et Françoise Briant, ainsi que Samuel Join-Leydier, l'éducateur de Don Bosco qui le suit depuis des mois, ne boudent pas leur plaisir. Et le congratulent. Car ce sésame, il l'a obtenu en se distinguant aux Olympiades des métiers de la Bretagne, où il a décroché la médaille d'or après avoir, pendant trois jours, donné forme à une hydrolienne de 40 kg.
 
   « J'ai pris un train au hasard »
 
Williams revient de loin. De très loin même. Ce jeune homme, natif de Loum, un petit village du Cameroun, a quitté son pays en janvier 2014. « J'avais 17 ans. Là-bas, c'était la misère absolue. Aucun avenir pour les jeunes. J'ai mis onze mois pour arriver en France. Sans passeur. J'ai voyagé en bus, en voiture, en moto-taxi, explique Williams. J'ai travaillé en Algérie pour avoir assez d'argent pour poursuivre mon voyage. J'ai réussi à mettre le pied en Europe en franchissant la frontière de Melilla, l'enclave espagnole au Maroc. J'ai profité d'une vague humaine pour passer ». Il y a un peu plus d'un an, Williams est arrivé à Paris où il ne connaissait personne. « Mon but, c'était de gagner la France. J'y étais enfin ». Mais dans quelles conditions. Après plusieurs nuits passées dans la rue, dans le froid, le jeune Camerounais prend le train gare Montparnasse. « Je ne savais pas du tout où j'allais. J'ai pris le premier train et je suis arrivé à Rennes. Puis à Quimper », confie-t-il aujourd'hui.
 
   Quelques jours plus tard, Williams est pris en charge dans un foyer pour mineurs à Combrit. Puis dans une famille d'accueil à Bourg-Blanc. C'est là, dans le Nord-Finistère, que Williams fait la rencontre de Françoise Briant et de sa famille avec qui il nouera des liens très forts et qui l'héberge à présent.
 
   En juin dernier, épaulé par l'association Mission de lutte contre le décrochage scolaire, celui qui n'avait qu'un niveau CE2 décroche son brevet. À la rentrée, il intègre le lycée Vauban à Brest pour passer son CAP métallerie. Très vite, son professeur d'atelier fait le constat qu'il a de l'or dans les mains. Et lui propose de participer aux Olympiades des métiers. Vers les Olympiades nationales.
 
   « Au Cameroun, je gagnais ma vie en vendant des arachides ou des avocats dans la rue. De temps en temps aussi, je donnais un coup de main à un menuisier. J'ai appris beaucoup de choses avec lui. Et puis, j'adore le travail manuel. Après le CAP, je vise le Bac pro ».
 
   Il y a une dizaine de jours, le téléphone a sonné chez les Briant. À l'autre bout du fil, quelqu'un de la préfecture appelait pour signifier à Williams qu'il pouvait venir régulariser sa situation. Ce qui a été fait hier matin. « La demande de permis de séjour a été faite à deux titres, précisent Françoise et Liliane Briant. Pour la vie professionnelle mais également familiale. Tant les relations qui nous unissent aujourd'hui sont fortes ». Et puis, sans cette régularisation, Williams n'aurait peut-être pas pu concourir à Bordeaux, en mars prochain, aux finales nationales des Olympiades des métiers pour lesquelles il a été sélectionné.
 
   Épreuve qui pourrait lui ouvrir les portes du concours international qui se déroulera à Abou Dabi, aux Émirats Arabes Unis, dans un an.

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/bretagne/sans-papiers-le-medaille-d-or-regularise-26-11-2016-11306659.php

 

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 22:32

Déserté, un petit village de Dordogne reprend vie en misant tout sur le bio !

La transition écologique : une arme redoutable contre l'exode rural. La preuve avec l'exemple spectaculaire de Saint-Pierre-de-Frugie en Dordogne.

 
     En 2008, Saint-Pierre-de-Frugie était encore l’un de ces innombrables villages français victimes de la désertification, de l’exode rural et du vieillissement de sa population. On n’y croisait pas un chat. Pourtant, moins de 10 ans plus tard, les gens s’y pressent par dizaines dans l’espoir d’y trouver une maison à vendre ! Que s’est-il passé entre temps ? Il s’est passé que le nouveau maire a tout misé sur le bio et l’écologie ! Gros plan sur un retour à la vie qui ne doit rien à la magie !
Gilbert Chabaud a été élu maire de Saint-Pierre-de-Frugies en 2008. Seulement voilà, ce petit village de Dordogne n’avait plus rien à voir avec celui de son enfance. Tous les jeunes étaient partis s’installer en ville pour y trouver du travail et le rectorat avait fermé l’école un an plus tôt, provoquant ainsi la fermeture du dernier commerce du village : le bistro qui préparait les repas de la cantine scolaire… En résumé, à Saint-Pierre-de-Frugies, à de rares exceptions près, on n’y trouvait plus que des anciens. En conséquence, le village était appelé à mourir à plus à moins long terme.
Mais Gilbert Chabaud ne pouvait pas se résigner à un tel sort. Élu à la tête de sa commune, cet ancien concessionnaire automobile s’est donc creusé la tête et a décidé de tenter le tout pour le tout en misant sur le bio et l’écologie Dans un premier temps, son conseil municipal a voté la fin de l’usage des pesticides et des traitements phytosanitaires. Résultat : on a rapidement vu revenir les papillons et autres insectes pollinisateurs oeuvrer sur le moindre bosquet.                                                                                                                                                                                                                                                         

Ensuite, la municipalité a décidé la création d’un « jardin partagé ». Une sorte de potager collectif ouvert à tous où chaque habitant est invité à s’initier à la permaculture et à se fournir en fruits et légumes. Résultat : une animation solidaire, écologique et inattendue qui a fini par se faire connaître au delà des frontières de la commune.

Dans un troisième temps, Gilbert Chabaud a voulu profiter du potentiel touristique de sa commune. À ce sujet, voici ce qu’il a confié à l’AFP :

« En améliorant l’environnement, en rachetant les zones humides tout autour de la commune, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire pour l’écotourisme »

Aussitôt dit, aussitôt fait : neuf sentiers de randonnée ont été aménagés dans les environs et tout le petit patrimoine du village a été restauré grâce à des matériaux écologiques !

Résultat ? Eh bien les touristes sont venus ! Il a donc été possible de réaliser la quatrième étape du projet : la construction d’un gîte rural et écologique destiné à accueillir les visiteurs !

Mais ça ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. Les touristes, aussi écolos soient-ils, ont besoin de se rafraîchir et de se nourrir. En 2013, le village a donc rouvert les portes de son bistro dont la gestion a été confiée à un gérant venu de l’extérieur.

Dans la foulée, le village a même eu droit à l’ouverture d’une épicerie bio alimentée par les agriculteurs de la région !

Retour de l’animation, retour des commerces, arrivée de nouveaux habitants… Il ne restait plus qu’à rouvrir l’école. Et, vu que l’éducation nationale y restait opposée, le maire a soutenu une institutrice qui souhaitait ouvrir une école Montessori. Bonne pioche : non seulement ça  a marché mais, en plus, en une année scolaire seulement, les effectifs ont déjà doublé (l’établissement accueillant désormais 20 élèves) !

Que de chemin parcouru en à peine 8 ans ! Et ça n’est pas terminé !

Véronique Friconnet, elle aussi secrétaire de mairie, s’est également confiée à l’AFP :

« C’est un cercle vertueux. Désormais il ne se passe pas un jour sans que des gens appellent pour nous demander s’il y a des maisons à vendre à Saint-Pierre ».

Le succès de cette transition écologique est tel que le maire entend désormais ouvrir un musée d’un genre original : un musée à l’envers qui envisagera l’avenir plutôt que de raconter le passé !

L’avenir, justement, Gilbert Chabaud l’envisage déjà. Son nouvel objectif ? Un village autonome en énergie !

Cette belle histoire souligne une chose : la transition écologique ne doit pas être vue comme une contrainte à trainer comme un boulet mais bien comme une formidable opportunité d’avenir. La trajectoire étonnante de Saint-Pierre-de-Frugies en est la preuve : les gens sont prêts pour l’écologie. Mieux que ça : ils la plébiscitent !

Par Axel Leclercq pour  PositivR

 
 
 
 

Résultat ? Eh bien les touristes sont venus ! Il a donc été possible de réaliser la quatrième étape du projet : la construction d’un gîte rural et écologique destiné à accueillir les visiteurs !

Mais ça ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. Les touristes, aussi écolos soient-ils, ont besoin de se rafraîchir et de se nourrir. En 2013, le village a donc rouvert les portes de son bistro dont la gestion a été confiée à un gérant venu de l’extérieur.

Dans la foulée, le village a même eu droit à l’ouverture d’une épicerie bio alimentée par les agriculteurs de la région !

Retour de l’animation, retour des commerces, arrivée de nouveaux habitants… Il ne restait plus qu’à rouvrir l’école. Et, vu que l’éducation nationale y restait opposée, le maire a soutenu une institutrice qui souhaitait ouvrir une école Montessori. Bonne pioche : non seulement ça  a marché mais, en plus, en une année scolaire seulement, les effectifs ont déjà doublé (l’établissement accueillant désormais 20 élèves) !

Que de chemin parcouru en à peine 8 ans ! Et ça n’est pas terminé !

Véronique Friconnet, elle aussi secrétaire de mairie, s’est également confiée à l’AFP :

« C’est un cercle vertueux. Désormais il ne se passe pas un jour sans que des gens appellent pour nous demander s’il y a des maisons à vendre à Saint-Pierre ».

Le succès de cette transition écologique est tel que le maire entend désormais ouvrir un musée d’un genre original : un musée à l’envers qui envisagera l’avenir plutôt que de raconter le passé !

L’avenir, justement, Gilbert Chabaud l’envisage déjà. Son nouvel objectif ? Un village autonome en énergie !

Cette belle histoire souligne une chose : la transition écologique ne doit pas être vue comme une contrainte à trainer comme un boulet mais bien comme une formidable opportunité d’avenir. La trajectoire étonnante de Saint-Pierre-de-Frugies en est la preuve : les gens sont prêts pour l’écologie. Mieux que ça : ils la plébiscitent !

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 18:04

 

 

 

L'ancien hôpital Saint-Vincent de Paul est le lieu le plus cool de tout Paris. Désaffecté, le complexe hospitalier à été transformé en septembre dernier en un village utopique mixant hébergés d'urgence et porteurs de projets solidaires, artistiques, entreprenariaux et associatifs . Résultat : 3,4 hectares de solidarité, d'art et de sympathie pour mille voisins, qui squattent le site hospitalier en toute légalité et bonne humeur !

En arrivant, un grand panneau jaune arborant fièrement le logo des trois associations coordinatrices AurorePlateau Urbain et Yes We Camp, signale l'arrivée en territoire des Grands Voisins. Alors qu'à droite on aperçoit la « Ressourcerie », une boutique qui donne aux fringues et objets une seconde vie, à gauche il y a une école de sages- femmes. Mais, c'est en passant sous le porche que l'on entre véritablement dans un autre monde, et que l'on découvre l'ampleur du projet des Grands Voisins.

 

La Lingerie_bar restaurant_3_ph Elena Manente

 

Une fois dans le secteur, les lieux temporairement inoccupés sont habités par des personnes démunies, en quête d'un endroit où elles se sentent chez elles, prouvant à la Terre entière qu'en plein cœur de Paris, on peut créer un espace de partage. « Les étiquettes sautent, on est d'abord des voisins, et puis après on voit » nous raconte Elena, de Yes We Camp. Et pendant ce temps-là, l'hôpital est tranquillement investi par ses habitants, et devient unespace multiple, coopératif et participatif. Tout simplement.

Au milieu de l'ancien hôpital, il y a la Lingerie d'antan, stockant les blouses, mais aujourd'hui faisant office de bar du village. Outre un brunch de folie le dimanche midi, on peut chiller toute une après-midi attablé, dans un gros canapé molletonné ou sur la terrasse ensoleillée. C'est non seulement l'épicentre du lieu, flanqué du planning des voisins d'un côté et d'une foule bruyante de l'autre, mais « c'est aussi là que tout s'organise ».

 

ateliercréatif

 

Des activités pédagogiques, culturelles et sportives, aux repas et assemblées générales, au service d'insertion par le travail de la « Conciergerie Solidaire » tout est fait grâce aux Voisins, qui, tour à tour mettent leurs capacités au profit de la communauté. Ouvertes aux résidents, aux promeneurs du dimanche ou bien aux habitués, ces activités favorisent l'échange et ne cessent de renforcer le lien du groupe. Entre le poulailler au sauna russe (en passant par une femme aquaponique) et les potagers partagés, il est hors de question de s'ennuyer. Alors que réfugiés syriens et diplômés d'Assas prennent le café, les Grands Voisins donnent foi en l'humanité et la solidarité.

Tandis que le 16e grince quand un lieu d'hébergement d'urgence se construit, ici, cette fabrique de bien commun est adorée du quartier. « On montre que la mixité est fonctionnelle, et qu'avec des idées, on peut tout changer ! », nous dit-on. Entre résidence d'artistes, colonie de vacances et hébergement d'urgence, cette bulle de paix invente une nouvelle façon de vivre, et donne sacrément envie de la répliquer à l'infini.

Les Grands Voisins 82, avenue Denfert-Rochereau – 14e Tél. : 07 83 76 21 00 Plus d'infos

© cover : le-polyedre.com

Texte : Suliane Tillon

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 18:10

Les femmes kurdes : l’arme ultime contre l’Etat Islamique

Dans la guerre qui fait rage en ce moment entre l’Etat Islamique et les forces kurdes, soutenues depuis peu par l’Occident, il est une fraction de l’armée qui combat les djihadistes dont on ne parle pas assez. Depuis les années 1990, les autorités kurdes sont les seules à s’être dotées d’un corps d’armée exclusivement féminin. Contre des combattants islamistes ne reconnaissant aucun droit aux femmes, et encore moins celui de se battre sur un champ de bataille, il s’agit là d’une arme de choix. Décryptage.

kurdes

Quand on pense au conflit qui fait rage en Irak, au milieu d’une zone qu’on a tendance à considérer comme peu regardante envers les droits des femmes, et particulièrement face à l’Etat Islamique qui lutte pour imposer une société aux mœurs radicales, on a du mal à s’imaginer qu’une partie des soldats qui luttent sont du sexe féminin. Pourtant c’est le cas, et ces guerrières kurdes posent énormément de problèmes aux fidèles de l’Etat Islamique.

Une armée vieille de plus de vingt ans

La création d’un corps d’armée féminin kurde date des années 1990. C’est en Turquie, au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’Abdullah Öcalan qu’il est apparu pour la première fois en 1995. Pour le leader du mouvement indépendantiste kurde, “la paix des Kurdes passe par les femmes”. Cette initiative a permis au mouvement d’élargir son soutien féminin, passant de quelques intellectuelles au milieu des années 1980, à 2000 femmes issues de tous les milieux sociaux parties rejoindre l’armée du PKK dans les montagnes de l’Est de l’Anatolie. Sur une armée de 6000 âmes, cette participation n’est pas négligeable, et témoigne d’une véritable volonté d’émancipation de la part de ces femmes prêtes à se battre pour leur cause.

kurdesCette spécificité kurde ne s’est pas cantonnée à la fraction turque de l’aire de peuplement kurde, et c’est particulièrement intéressant au vu des événements actuels au nord des territoires syriens et irakiens. En Irak, les femmes combattantes se sont organisées depuis le 18 novembre 1996, mais ne sont pas aussi nombreuses que dans les montagnes turques. Ces soldates, totalement intégrées à l’armée régulière kurde composée de 200 000 peshmergas, se battent aux côtés de leurs frères masculins sans qu’aucune distinction ne soit notable. En Syrie, ce sont les Unités de défense du peuple (YPG) qui encadrent les forces armées kurdes. Le journaliste Hamid Messoud de France 24 est allé suivre les femmes qui y combattent . Elles ne représentent pas moins de 40 % des 40 000 soldats qui se battent contre les forces islamiques à la frontière syro-irakienne.  Le journaliste témoigne de la volonté de ces femmes de ne pas être différenciées de leurs compères masculins: à la guerre comme à la guerre, aucune raison de traiter qui que ce soit avec une régime spécial. Ceci dit, pour beaucoup d’entre elles, le combat contre les forces de l’Etat Islamique est d’autant plus important qu’il représente une lutte pour la condition féminine contre l’oppression et l’aliénation de la femme, incarnée selon elles par des islamistes qui voudraient les “ramener au Moyen-Âge”.

Des djihadistes désemparés

Ces femmes sont donc de vraies peshmergas – terme qui signifie « ceux qui affrontent la mort » – et c’est ce qui les rend redoutables contre les djihadistes de l’armée islamique. Si eux aussi se vantent de ne pas craindre la mort pour imposer leurs idées, c’est tout de même sous une condition : ne pas mourir sous les balles d’une femme. Ces soldats que rien ne semble faire trembler ont tout de même un talon d’Achille. Chacun d’entre eux porte autour du cou une petite clef, censée leur ouvrir les portes du paradis pour rejoindre leurs soixante-dix houris, vierges célestes récompensant les bienheureux, tant désirées au cours de leur vie terrestre. Seulement, si un djihadiste est tué par une femme, il ne pourra pas accéder aux portes du paradis. Une phobie qui croît au sein des troupes du Daech à mesure que le PKK et les autres organisations kurdes mettent leurs troupes féminines à contribution. Selon l’une des peshmergas, luttant à la frontière syrienne, “ces hommes se pensent supérieurs, en droit de réduire les femmes à l’esclavage, mais ils tremblent comme des feuilles mortes à la simple vue d’une silhouette féminine sur le champ de bataille”.

kurdes

Ces femmes, en plus de leur courage et de leur détermination sans faille, sont donc un atout particulièrement précieux pour l’opposition armée à l’Etat Islamique. En défendant leur territoire et leurs familles chaque jour sur les steppes arides du nord de l’Irak, elles promeuvent la conception d’une femme libre et émancipée.

Benjamin Delille

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 09:00
Quand la génération Y expérimente l'éco-location ...

Et si votre habitat permettait d’œuvrer pour la transition écologique et la cohésion sociale ? C’est ce qu’expérimentent une quinzaine de jeunes, au sein de deux colocations situées à Gagny et à Bourg-la-Reine.

Le Vieux poirier

Le nom de la colocation le Vieux poirier rend hommage à l’arbre fruitier du jardin, presque centenaire. « Il était là bien avant que la maison soit construite. Ce poirier est un peu comme un sage. Il possède cette force qui nous dépasse », révèle Dorian, 31 ans, à l’origine de colocation installée à Gagny (93).

Ce jardinier passionné voulait expérimenter un mode de vie communautaire et résilient, ainsi que l’agriculture urbaine. Son projet a vu le jour au printemps 2011, dans cette maison de 125 m² habitables et son jardin de 300 m².

Vivre ensemble

Bénédicte, 30 ans, habite au Vieux poirier depuis septembre 2014. Elle a toujours cherché une colocation écologique, constituée de personnes engagées. En trouvant l’annonce sur l’Auberge de la solidarité (réseau social du développement durable et de la solidarité), elle s’est tout de suite dit que cette colocation était faite pour elle. Bénédicte est ravie de vivre au Vieux poirier :

« On mange tous ensemble, on passe des moments autour du feu de cheminée, on joue de la musique et on rencontre souvent du monde. »

Pour souder leur groupe, les colocataires organisent des réunions hebdomadaires, avec ordres du jour. Ces temps d’échanges leur permettent d’ajuster leurs comportements, d’élaborer des projets communs et de faire le point sur divers sujets.

L’épanouissement personnel est aussi stimulé. Le sous-sol de la maison du Vieux poirier leur sert de studio de musique, d’atelier de bricolage et de salle de répétition de théâtre. Ces espaces leur permettent d’exprimer leur créativité et de passer des moments conviviaux.

Permaculture urbaine.

Les quatre colocataires passent aussi du temps à jardiner sur leur parcelle de 300 m². Inspirés par le Jardin des fraternités ouvrières (une forêt comestible de 1 800 m² en Belgique), ils ont fait de ce terrain un potager cultivé en permaculture :

« Nous travaillons à créer de la biodiversité en achetant nos graines chez Kokopelli, en laissant les végétaux sauvages pousser, en arrosant le moins possible, en utilisant la technique du paillage et en faisant du compost », explique Dorian.

Ces pratiques offrent des conditions de vie favorables à de nombreux animaux : libellules, musaraignes, scarabées, mésanges, grillons, etc. Dorian s’en réjouit : « C’est une victoire pour nous ! Il a fallu attendre deux ans pour voir tous ces animaux apparaître sur ce terrain. Nous avons vraiment métamorphosé la terre. » Les colocataires ont même installé deux hôtels à insectes où nichent des abeilles maçonnes, importantes pour la pollinisation. Bientôt, ils devraient faire l’acquisition de canards, afin de lutter naturellement contre l’invasion de limaces et de manger des œufs frais.

Leur jardin comestible, où poussent notamment des poires, une tétragone cornue et de la menthe, permet aux colocataires de satisfaire 25 % de leur alimentation. « Pierre Rabhi a dit : “Cultiver son jardin est un acte politique.” Et je le crois. C’est un véritable engagement pacifique, contribuant à rendre le monde meilleur », lance Dorian.

Une autre partie des aliments consommés par les colocataires provient du jardin partagé Les abbesses de Gagny-Chelles, avec lequel ils collaborent depuis deux ans.

Une alimentation saine.

Les habitants du Vieux poirier prennent un grand plaisir à consommer les produits de leur potager. Daisy, comédienne de 29 ans, installée dans la colocation depuis septembre 2014, avoue particulièrement aimer « préparer des tartes de blettes, du ragoût de légumes, des confitures de tomates vertes et de poires et la fameuse soupe du Vieux poirier aux courges, blettes et pommes de terre ».

Avec les aromates du jardin, les quatre compères réalisent aussi des infusions. Par ailleurs, ils fabriquent eux-mêmes du kombucha et du kéfir, ainsi que du pain et divers jus.

Initiatives libres.

Chaque colocataire peut, selon son envie, porter un projet pour l’éco-colocation. Ainsi, Bénédicte a inscrit la maison sur le site couchsurfing, afin de proposer un hébergement temporaire et gratuit. « Cela nous donne l’occasion d’ouvrir notre communauté », explique-t-elle. Elle a donc permis l’accueil de quinze couchsurfeurs – des Belges, des Suédois, des Tchèques… – pendant la COP21.

Laure, colocataire depuis octobre 2015, a quant à elle mit en place un lombricomposteur. Cette éducatrice de 30 ans a récupéré des vers sur le site plus2vers, cartographiant les donateurs de lombrics. Dans une boîte en polystyrène, les vers – prénommés Gandhi ou Martin Luther King – grouillent dans des déchets composés à 70 % de carton et à 30 % de matières organiques. À côté de cette expérimentation, Laure fabrique elle-même des produits d’entretien et des cosmétiques. C’est l’occasion de transmettre ses astuces aux autres colocataires.

Maison Bleue

L’éco-colocation de La Maison bleue, située à Bourg-la-Reine (92), existe depuis juin 2015. L’appartement de 180 m² habitables répartis sur quatre étages accueille dix colocataires. Ils ont en plus la jouissance d’un garage et d’un jardin d’environ 40 m².

Ce lieu de vie a été imaginé par Édouard, 24 ans, auto-entrepreneur en communication pour des associations, et Charles-Adrien, 31 ans, conseiller en développement durable pour les collectivités territoriales. L’engagement associatif d’Édouard et de Charles-Adrien en faveur de l’environnement – au sein de WARN, Avenir Climatique, Zero Waste France et la COYnotamment – les a poussés vers ce mode de vie. Ils voulaient tout simplement incarner les messages qu’ils diffusaient au sein de leurs réseaux respectifs. Ils ont aussi été inspirés par des survivalistes – personnes se préparant à une autonomie alimentaire, énergétique – et l’ouvrage de Rob Hopkins Manuel de transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale (Éditions Écosociété, 2010).

Zéro déchet.

Au quotidien, les colocataires limitent les emballages plastiques et privilégient l’achat en vrac et en grosses quantités de produits bio. Dans leur cuisine cohabitent plusieurs poubelles : une pour les matières recyclables, une baptisée « de la honte » (pour tous les détritus ayant un fort impact environnemental) et une « du doute » (utilisée par les personnes ignorant la destination d’un déchet).

Dans leur jardin vivent deux poules pondeuses qui sont nourries au compost. « Certes, le jardin est petit, mais on essaie d’exploiter au maximum cet espace. Notre colocation ne fait que commencer. Nous posons les bases de notre mini-expérience d’autonomisation alimentaire », confie Édouard.

Energies.

Pour réduire leurs dépenses énergétiques, ces dix jeunes engagés sont en train de poser des cloisons isolantes faites de laine de roche. Quant au chauffage, il est éteint en ce mois de décembre. Tant pis pour le froid : des épaisseurs de vêtements supplémentaires et la chaleur humaine suffisent ! Par ailleurs, ils vont bientôt souscrire un contrat d’électricité chEnercoop, fournisseur d’énergie renouvelable provenant de producteurs locaux indépendants. Et pourquoi ne pas installer aussi des panneaux solaires ? À ce sujet, Édouard temporise : « Pour l’instant, ce n’est pas dans le budget. Investir dans une maison qu’on loue, c’est compliqué. »

Les colocataires ont d’autres projets en cours. Ils devraient bientôt construire un potager de 10 m2 en aquaponie. Ils aimeraient aussi que leur garage devienne un fab lab, un laboratoire de fabrication.

Réussites.

Les colocataires de la Maison bleue sont heureux de tout ce qu’ils ont accompli en si peu de temps. Pour Solenne, tout est positif : « On essaie de manger local, bio, sans utiliser d’emballages. On a récupéré plein de meubles dans la rue. Et on a beaucoup de discussions intéressantes. » Raquel aime « cette maison écologique et résiliente, ainsi que la qualité humaine des colocataires, où chacun apporte sa petite graine et où le changement arrive à se faire. » Pour Camille, la Maison bleue coïncide avec ses « valeurs de sobriété heureuse ».

Dans ces deux éco-colocations où la transition écologique et la cohésion sociale sont réussies, tous trouvent leur compte. La génération Y habitant au Vieux poirier et à la Maison bleue fait sa part pour donner naissance à un monde prometteur pour la planète et inspirant pour ses habitants.

par thomas Masson, pour KAIZEN.

Sur la photo : les colocs de la Maison Bleue : Raquel, Jay, Marielle, Charles-Adrien, Camille, Nico, Solenne et Clément – Dans ce séjour, tout le mobilier a été récupéré aux encombrants –

Sur la photo : les colocs de la Maison Bleue : Raquel, Jay, Marielle, Charles-Adrien, Camille, Nico, Solenne et Clément – Dans ce séjour, tout le mobilier a été récupéré aux encombrants –

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 10:48

Une idée originale et citoyenne de "désarmer" les enfants .

Edouard, 9 ans, faux revolver à la ceinture: «Salah Abdeslam, il est où?», ​lui demande un copain de jeu. Elisabeth, sa maman, surprend la scène. Cette semaine, son fils est allé remettre plusieurs armes factices à une association en échange d’autres jouets.

A l’entrée de «La Fabrique du Neuf», une ressourcerie basée à Ris-Orangis (Essonne), un Père Noël côtoie une grande caisse en plastique. A l’intérieur: la réplique d’un fusil d’assaut, des armes de poing, un couteau...

Edouard y dépose trois autres calibres: un pistolet de pirate à la peinture or écaillée, un revolver à la gâchette hors d’usage et un lance-fléchettes... sans ses munitions. Sa maman souffle: «il a encore beaucoup d’armes à la maison...». Lui promet: «elles ne vont pas me manquer».

Autour du point de collecte, des regards pleins de convoitise, comme magnétisés. «Pose moi ça!», hurle Souad à son fils Rani, 5 ans, hypnotisé par le bruit électronique des rafales de kalachnikov.

Jusqu’à fin décembre, les enfants sont invités à «ramener leurs pistolets factices en échange d’un livre ou d’un autre jeu», explique Pierre Garnier, directeur général de l’association, qui compte trois ressourceries en Essonne (Ris-Orangis, Corbeil-Essonnes et Montgeron).

Une idée née après les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et au Stade de France. «Le message que l’on veut faire passer, c’est de jouer différemment, jouer ensemble», glisse-t-il.

Les armes, promises à la destruction, seront recyclées «pour une oeuvre culturelle, soit une structure, soit un collage», précise M. Garnier, qui espère monter ce projet avec une école.

- Des jouets retirés des catalogues -

«Depuis ce qui s’est passé, mon fils a vu beaucoup d’images de policiers, de militaires. Et il s’amuse à rejouer les scènes avec ses copains, à enquêter sur les attaques», explique Elisabeth. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux évoque le nom de l’un des jihadistes impliqués, Salah Abdeslam, toujours activement recherché.

 

«Au début, ça ne m’a pas plu, mais finalement je préfère que ça sorte comme ça ou sur des dessins», se rassure cette trentenaire qui a vu cette opération comme «l’occasion d’enfoncer le clou».

Edouard, qui rêve de devenir réalisateur de films, sait que «les armes, ce n’est pas quelque chose de bien», mais quand il joue, «c’est toujours pour arrêter les méchants», dans «des histoires imaginaires de cambriolages ou d’attaques de gangsters».

L’idée du troc est venue de Fabrice, un bénévole, après la décision de plusieurs grandes enseignes de jouets, comme Toys R Us ou Joué Club, de retirer ces armes factices de leurs rayons après les attentats.

«Je voulais que l’on fasse quelque chose de similaire à notre niveau. Quand je vois certaines répliques d’armes, comme des lance-roquettes, ça me choque. Il y a une vraie banalisation de la violence», déplore cet animateur radio.

Il assume également un message de sensibilisation à l’égard des parents: «grâce à l’opération, peut-être que pour Noël, ils préféreront offrir un DVD, une bande dessinée ou un livre plutôt qu’une arme de guerre».

L’initiative ravit la pédopsychiatre Dominique Tourrès: «les enfants doivent exprimer leurs pulsions agressives à travers des jeux imaginaires qui sont les leurs, comme créer des projectiles avec de la pâte à modeler, un fusil à partir d’un bâton, mais pas avec des répliques pour adulte».

Après avoir promené ses yeux de longues minutes dans les allées du grand entrepôt, Edouard a fait son choix. Il repartira avec un jeu de magie: une autre manière pour lui de «raconter des histoires».

AFP

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 17:46

Loin des apôtres du "tout fout le camp", une partie de la société française cherche sans naïveté ni repli sur soi, à inventer l'avenir.


   Dans Jeunesse, poème de 1937, Paul Vaillant-Couturier, l’un des fondateurs à Tours en 1920 du Parti communiste, écrivait : « Nous sommes la jeunesse ardente/Qui vient escalader le ciel/Dans un cortège fraternel/Unissons nos mains frémissantes/Sachons protéger notre pain/Nous bâtirons un lendemain qui chante. »

 

   Aujourd’hui, l’idée qu’on puisse vouloir escalader le ciel fait plutôt ricaner quand elle ne révolte pas. Les lendemains qui chantent rappellent de mauvais souvenirs, ayant servi de prétexte et de couverture à l’une des pires oppressions que l’histoire ait connues, le communisme stalinien. Dans feu l’Union soviétique, la« splendide promesse faite au Tiers- Etat » (Mandelstam) avait été vite oubliée, ou cyniquement trahie. Mais aujourd’hui, par un retournement prodigieux, le nouveau refrain à la mode est plutôt celui de Damia, repris par Edith Piaf: « Cramponnez-vous, tout fout l’camp !»

 

   L’éloge de la veille a remplacé celui du « grand soir ». Il est décliné aujourd’hui à l’envi, dans les grands shows télévisés qui ont éclipsé les lieux silencieux de la pensée studieuse : nous vivons un choc de civilisations où la France se délite, perd son identité, et va se dissoudre dans le grand rien, après avoir rêvé du grand tout. Bientôt nous serons « remplacés » par les barbares qui se massent à nos frontières… Tout était mieux avant, tout va mal, et ce sera encore pire demain ; l’apocalypse se prépare, autrefois nucléaire, aujourd’hui civilisationnelle.

   

   Trucage éhonté, qui réécrit le passé et insulte l'avenir. Oubliés ces temps où les femmes n'avaient pas le droit de vote, où l'adultère, l'avortement et l'homosexualité étaient des crimes ; où on n'avait pas inventé la pénicilline ni aboli la peine de mort. Où Marcel Pagnol pouvait, sans que la sympathie pour son personnage en fut diminuée, faire dire à Marius qu'importunait un marchand de tapis: "On t'a déjà dit non, sale bicot ..."

   

   Sous le nom de lucidité, ce que nous vendent ces impudents prophètes du pire, c'est de la peur, qui est la passion la plus triste et la plus dangereuse. Décrire l'apocalypse future, c'est déjà la faire exister, et peut-être en désirer secrètement l'avènement. Or l'avenir doit demeurer pour les vivants un lieu habitable, dans lequel leurs actions pourront s'incarner et porter leurs fruits.

   Exalter des lendemains qui chantent ou pleurer des hiers lumineux, c'est la même chose : un mépris du présent et de l'action. Agir ? Nos prophètes du pire n'en ont pas le temps : ils sont trop occupés à battre les tréteaux. la vision du désastre à venir ne profitent qu'à ceux qui en exploitent le filon publicitaire. Elle ignore ou paralyse totalement les ressources d'énergie d'une France qu'ils ne prennent pas la peine de comprendre ni même d'observer..

   Oui, l'impitoyable logique du profit est partout à l'oeuvre, broyant chaque jour un nombre croissant de nos concitoyens. Oui, notre jeunesse est menacée par la cupidité des marchands de fringues et de jeux vidéo. Oui, l'école semble avoir oublié que seule une instruction forte fait des citoyens autonomes et responsables. Oui, le populisme guette et toute une part de notre population peine à trouver ses repères dans un monde qui bouscule et met en rivalité les cultures, les identités, les religions.

   Mais il y a aussi partout des formes de résistance, économiques, politiques, pratiques, d'une incroyable énergie. Celles des enseignants encore attachés aux exigences du savoir, malgré la tentation de livrer l'école aux aléas d'un libre-service de connaissances numérisées. Celles des maires, des élus régionaux, des associations soucieux de préserver un tissu social dangereusement fragilisé. Celle des artisans, des exploitants agricoles, des petits patrons fidèles aux valeurs de leur profession et de leur terroir, et à leur transmission.

 

  Tous déploient des trésors d'ingéniosité pour trouver des solutions dans un monde où les anciennes certitudes vacillent. Ils sont fiers d'un patrimoine de villes, de paysages qu'ils défendent et valorisent. des villages meurent, d'autres se repeuplent, d'architectes, de vidéastes, d'informaticiens. Les banlieues ne sont pas peuplées uniquement de délinquants et de futurs djihadistes. on y rêve aussi d'un monde où on aurait toutes ses chances sur le marché du travail quand on s'appelle Mohamed et non Kévin ou Mathieu.

 

   Dans maints endroits, on nourrit l'espoir juste et légitime, que le monde puisse changer et la vie s'améliorer. Dans maints endroits, on se rassemble, on réfléchit, on invente, on écrit des livres, on en publie, on conjugue ses forces, on analyse les causes, on cherche des remèdes. Progressistes, va. vous n'avez pas honte ?

   

   On ne peut qu'en être frappé si on circule un peu à travers une "province" qui ne mérite plus depuis longtemps ce nom un peu condescendant.. cette France-là n'est pas un peuple de Bisounours béats, attendant niaisement d'être colonisé par des envahisseurs. Ni non plus un ramassis de beaufs analphabètes, haineux et racistes.. Elle va son chemin avec une résolution parfois anxieuse, mais toujours étrangère aux peurs artificielles d'une minorité hantée par la vision d'un déclin dont peut-être elle a le désir inavoué.

   

   La seule formule qui puisse répondre aux inquiétudes que nous inspire la société contemporaine, ce n'est pas : "c'était mieux hier", ou "ce sera encore pire demain".

   

   C'est, et ce doit être: "Cela pourrait être mieux aujourd'hui".

 

de Danièle Sallenave, écrivaine et membre de l'Académie française.

 

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26 avril 2015 7 26 /04 /avril /2015 09:00
Les Japonais, champions du monde de l'honnêteté.

Les citoyens japonais sont ils les plus honnêtes du monde ?

Tout porte à le croire puisque, généralement, quand un japonais trouve un portefeuille, il s'empresse d'aller le déposer au poste de police le plus proche. Un geste anodin qui a permis, l'an dernier, à la police, de collecter un cumul de 3,34 milliards de yens (25 millions d'euros) en espèces qui avaient été confiés à la police par d'honnêtes citoyens. Les forces de l'ordre ont ainsi pu remettre les trois quarts de cet argent égaré à leurs propriétaires légitimes.

En 2011, après le tsunami et le tremblement de terre,

qui a mis le pays à genoux, il s'est avéré que les japonais ont rapporté à la police l'équivalent de 25 millions d'euros en espèces, trouvés dans les décombres du séisme. Dans les 5 mois qui ont suivi la catastrophe, les gens ont rapporté des milliers de portefeuilles et sacs à main trouvés dans les débris. Plus de 5.700 coffres-forts échoués le long du littoral ont également été remis à des postes de polices par des bénévoles et des équipes de sauvetage. A l'intérieur des coffres-forts, les fonctionnaires ont trouvé environ 25 millions d'euros en espèces. Dans un coffre-fort, il y avait l'équivalent de 1, 5 millions d'euros ! D'autres contenaient des lingots d'or, des antiquités ou autres objets de valeur. A un moment donné, il y avait tellement de coffres-forts remis à la police qu'elle avait du mal à trouver de la place pour les stocker.

En effet, il n'est pas inhabituel pour les japonais de garder de grandes quantités d'argent à la maison et dans les bureaux, en particulier dans les régions côtières où les entreprises de pêche préfèrent traiter avec des transactions en espèces.
De début avril à fin juillet 2011, le poste de police d'Ofunato avait du embaucher 3 spécialistes pour aider à ouvrir les coffres-forts récupérésPlus récemment.

Un sac de sport avec 136.500 euros.

Plus récemment, une personne a même fait une découverte des plus surprenantes: un sac de sport avec la bagatelle de 18,44 millions de yens (136.500 euros), de quoi presque s'offrir un petit appartement dans la capitale japonaise. Qu'en a t'elle fait ? Elle l'a tout simplement déposé au poste de police le plus proche. près de 74% de la totalité des liquidités trouvées en 2014 ont finalement été rendues aus personnes étourdies qui les avaient semées en chemin, a précisé un porte-parole de la police. Selon la loi japonaise, si un objet trouvé

Une honnêteté motivée par la crainte peut-être ?

Selon la loi japonaise, si un objet trouvé n'est pas réclamé après 3 mois, la personne qui l'a remis aux autorités peut choisir de le garder. Mais étonnament, en 2014, quelques 390 millions de yens ont fini dans les coffres de la ville de Tokyo, cumul des sommes que les propriétaires légitimes n'ont pas réclamées et auxquelles ont renoncé ceux qui les avaient trouvées !!M^me si l'honnêteté nippone est peut-être motivée par la crainte que cet argent touvé ne leur porte malheur, les médias locaux n'hésitent pas à jouer sur ce registre pour rappeler "qu'à la différence d'autres pays, le Japon est sûr", un bon point pour draguer les touristes étrangers. La sécurité de l'archipel -vérité dont attestent les chiffres et dont les Japonais sont fiers - est en effet souvent remarquée par les visiteurs d'autres contrées.

Cette honnêteté se retrouve également dans un pays voisin moins visité, la Corée du Sud, où "le vol n'existe pas". Sans doute également, parce qu'il s'agit de sociétés collectives qui font primer le groupe sur l'individu.

Le Japon et la Corée du Sud, des exemples à suivre ?

Écrit par S. C. avec AFP

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 10:51
Le Danemark, le pays le plus heureux depuis 1973.

Le Danemark, le pays le plus heureux depuis 1973.

Ils sont endettés, ils payent le plus d'impôts au monde, ont des hivers longs et teintés d'obscurité, ils vivent moins longtemps que certains Méditerranéens, et pourtant, les Danois sont depuis longtemps, enquête après enquête, les plus heureux sur Terre.

Pourquoi les Danois sont-ils les plus heureux au monde? Les immigrés au Danemark oscillent entre l'admiration pour l'égalitarisme à la danoise et la critique envers ces gens trop faciles à satisfaire. "Vous pouvez atteindre de hautes responsabilités politiques ou devenir directeur, même si vous êtes quelqu'un d'ordinaire", dit Josephine Hoegh, une Philippine arrivée dans le pays scandinave il y a 40 ans.

Le Danemark a commencé à se distinguer comme le pays le plus heureux, dans un sondage de l'Union Européenne en 1973. Et cette année encore, il se trouve à la première place du Rapport annuel mondial du bonheur des Nations unies, bien qu'il sorte difficilement de sa pire crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale, et que son gouvernement de gauche impose une austérité budgétaire obstinée.

C'est au Danemark qu'on paie le plus d'impôts au monde

"L'une des choses qui rend les Danois heureux c'est la sécurité qui règne dans la société", affirme Meik Wiking, le directeur du très sérieux Institut de recherche sur le bonheur, un centre de recherche danois. "Si on perd notre emploi, on bénéficie d'un soutien, si on tombe malade, on peut aller à l'hôpital, etc.", ajoute-t-il.

C'est au Danemark qu'on paie le plus d'impôts au monde, mais les contribuables sont attachés à un système social généreux, comme les gardes d'enfants subventionnées ou l'assurance chômage qui leur garantit 80% de leur salaire pendant deux ans s'ils perdent leur emploi.

Le niveau élevé de confiance qui règne entre les gens, reflet de la confiance accordée aux dirigeants politiques et du niveau bas de corruption, explique également le bien-être danois, selon Meik Wiking.

Le pays compte un grand nombre de clubs et d'associations où la simple adhésion suffit, sans considération d'appartenance à une catégorie sociale. Dans un club d'échecs, un patron peut jouer contre une caissière sans que personne ne s'en étonne.

"Une mentalité qui consiste à apprécier ce qu'il vous reste"

On peut lire d'autres explications à ce bien-être à travers l'histoire du pays. Le Danemark était une grande puissance européenne entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Mais aujourd'hui, sa petite taille et son influence restreinte "sont la résultante de 400 années de renoncements forcés à des territoires, de redditions et de batailles perdues", comme l'explique le site officiel du pays.

"Ils n'ont rien gagné ces deux derniers siècles, ils n'ont fait que perdre, et ils ont créé une mentalité qui consiste à (...) apprécier ce qu'il vous reste", explique Michael Booth, auteur du livre "Les gens presque parfaits".

Les Danois ont aussi du talent quand il s'agit de refuser d'admettre des vérités qui dérangent, selon Michael Booth. "Ils ont le taux d'endettement privé le plus élevé au monde (...) mais ils sont très bons pour chanter: Tout va très bien Madame la marquise".

Peu de choses les révoltent. Les Danois savent "pardonner aux personnalités publiques leurs dérives. Comme cela a été le cas avec le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen, qui les avait entraînés dans deux guerres atroces en Afghanistan et en Irak. Il a ruiné leur économie et pourtant on n'entend pas un mot contre lui", explique Michael Booth.

Par ailleurs, ils ont beaucoup de temps libre, puisque la durée hebdomadaire de travail n'est que de 33 heures en moyenne, selon la Fondation Rockwool, un centre de recherches danois.

En tant qu'expatrié venant de Grande-Bretagne, Michael Booth a commencé par détester les impôts, la météo, et "la gêne ressentie par ceux qui ont de l'ambition et réussissent". Mais depuis qu'il est devenu père, il ne se voit vivre nulle part ailleurs. Le Danemark "est sans doute le meilleur pays où avoir des enfants. Tout est fait pour la famille ici", conclut-il.

par l'Express.fr

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 13:34
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Lire des livres pour sortir de prison

                   Les prisonniers brésiliens peuvent voir leur peine carcérale réduite.                  

                      Comment  ? En lisant des livres.

 

D

 e nombreux philosophes et écrivains sont unanimes : la lecture libère l’esprit. Et au Brésil, elle peut libérer des hommes. Une deuxième chance pour les 473627 détenus du pays.

L

e principe est simple : un livre lu = 4 jours de liberté. Tous les genres littéraires ( philosophie, science, etc.) sont mis a disposition des prisonniers. Ces derniers ont quatre semaines pour lire un livre de leur choix et disserter dessus. La copie est ensuite soumise à un jury qui décidera si la personne peut obtenir, ou non, une remise de peine. Au total, le détenu peut gagner jusqu’à 48 jours de détention en moins sur une année !

"Le  livre  est  un  outil  de  liberté",  Jean  Guéhenno.


L

’ancien détenu Erwin James approuve ce système en regrettant de ne pas y avoir participé. Mais à travers les livres, il a trouvé une autre forme de liberté :

“Les livres que j’ai lus en prison ne m’ont pas donné une réduction de peine, mais ils m’ont aidé à devenir celui que je voulais être”.
U

ne belle philosophie que certaines associations tentent d’instaurer en France.


 

 

Quand Pédaler rend la liberté ...

 

Quand Pédaler rend la liberté

 

Les prisonniers brésiliens pouvaient déjà réduire leurs peines en lisant des livres, maintenant ils peuvent aussi le faire en pédalant. Une bonne nouvelle pour eux et pour ceux qui profiteront de l'électrivité ainsi générée.


1 livre lu = 4 jours de liberté. C’est l’équation avec laquelle les prisonniers brésiliens ont appris à composer. Et pour ne pas déroger au vieil adage « Un esprit sain dans un corps sain », le gouvernement brésilien a récemment décidé de leur proposer un autre marché. Pour 8 heures de vélo par jour pendant 3 jours, ils gagneront 1 jour de réduction de peine. Ce n’est pas de tout repos mais après tout, on n’a rien sans rien !

L

’idée est venue au juge José Henrique Mallmann alors qu’ils découvraient des salles de gym américaines exploitant l’énergie produite sur les vélos. Et l’expérience montre que la proposition séduit. C’est du moins le cas à la prison de Santa Rita do Sapucai, à l’Est du pays. Là-bas, 8 prisonniers ont choisi de joindre l’utile à l’agréable puisqu’en plus d’y gagner en liberté, ils permettent aux rues de la ville d’être éclairées pendant la nuit. Et les autorités prévoient déjà d’installer très rapidement davantage de vélos.

« Avant, on passait nos journées enfermés dans nos cellules. Maintenant, on est à l’air libre et on produit de l’électricité pour la ville », commente Silva, un détenu de 38 ans, visiblement satisfait.
L

’initiative fait partie d’un ensemble de mesures prises par le gouvernement brésilien dans le but de rendre plus supportable le quotidien des détenus dans les prisons surpeuplées du pays. Et si le projet, comme les autorités l’espèrent, pouvait aider à limiter les risques de récidive, ce serait définitivement une bonne nouvelle.

  Nathalie Mayer, pour newzitiv.com

 

 
 
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