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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 13:41
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 09:58

Les Zèbres faisant la circulation à LA PAZ, Bolivie.

 

 Exil rural et sécurité routière

Cela fait maintenant 15 ans que les zèbres de la Paz peuvent être aperçus dans les rues de la ville afin d’essayer de rendre l’espace public plus sûr. En effet, après un exode rural très intense la population n’a pas intégré les règles propres à la vie en communauté citadine. Cela se traduit notamment par un code de la route inexistant. En quelques années, la Paz est passée de 1950 à 2015 de 267 000 habitants à plus de 2 millions.

La ville s’est alors développée de manière totalement anarchique. La ville située sur une colline adopte un cloisonnement géographique lié à la situation économique des habitants. Les plus riches vivent vers les terres basses tandis que les plus pauvres vivent dans les hauteurs. En effet, plus l’altitude augmente moins l’air est respirable et plus l’air devient froid.

Dans ces quartiers populaires la chaussée est souvent déformée : trous, plaques d’égout manquantes, porteurs surchargés ne voyant que droit devant eux sont autant de dangers pour les piétons. A chaque carrefour le danger est grand car personne ne respectant les feux tricolores, l’anarchie est totale. De plus, les vans servant de transport en commun, s’arrêtent à tout moment et n’importe où. En sortent des passagers pressés qui n’ont bien sûr pas de zones qui leur sont réservés pour rejoindre les trottoirs en toute sécurité.

C’est pourquoi, afin d’enrayer la congestion urbaine, la municipalité de la Paz décide de former des adolescents venant pour la plupart de la Fundación La Paz. L’enjeu pour la municipalité est d’une part de rendre les rues de la ville plus sûres et d’autre part d’aider à la réinsertion de jeunes en ruptures avec la société, la plupart étant d’ailleurs d’anciens drogués ou de jeunes vivant dans la rue.

 

  Education citadine et lutte contre les violences

Ainsi de nos jours se sont plus de 240 zèbres ou ‘‘cebritas’’ qui enseignent à la population les règles de circulation et de comportement. Devenue une véritable institution, l’enseignement des zèbres s’est diversifié. En plus de la sécurité routière les zèbres se rendent dans les écoles et les quartiers de la ville afin d’éduquer les citadins sur le tri des déchets et les nuisances sonores.

Autres sujets abordés par les zèbres : l’alcoolisme et la violence domestique. En effet, la Bolivie possède une véritable culture de l’alcool ou “cultura chupistica”. L’alcool accompagne tous les évènements collectifs sans qu’aucune limite sociale n’en réfrène les abus. Ainsi beaucoup d’hommes (les femmes étant beaucoup moins touchées) entrent dans un cercle vicieux à tendance toxicomane. L’ivresse peut souvent s’accompagner de violences domestiques envers les femmes et les enfants. Beaucoup de jeunes "cebras" ont été eux-mêmes victimes de violences liées à l’alcool.

 Le blog du Master Conflictualités et médiations / Université catholique de l'Ouest. Justine Launay.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 18:10

- Pour le directeur de l'éducation de l'OCDE,, l'acceptation de la différence, l'apprentissage du respect sont essentiels. Autant qu'à apprendre à lire et à compter -

 

Aux Bosquets, les élèves participent aux décisions.


Soutenue par le réseau Ashoka, l'école d'Epiais-Rhus, "pionnière de l'éducation", forme les batisseurs du futur.

 

La première fois que j’ai enseigné, en 1991, il n’y avait pas d’étagères de rangement dans ma classe, alors j’ai décidé d’en faire ­fabriquer aux enfants »,se souvient Philippe Viard, 52 ans, directeur de l’école des Bosquets depuis dix ans, à Epiais-Rhus, une commune de 650 habitants dans le Val-d’Oise. « Un parent a été outré. Dès le lendemain, je recevais la ­visite d’un inspecteur… qui m’a dit c’est génial ce que vous faites ! alors j’ai continué. » Après tout, les enfants avaient fait de la géométrie, du calcul, des mesures, sans compter qu’ils avaient construit quelque chose, fait-il valoir.

L’école des Bosquets est avant tout une éco-école. Tous les enfants sont sensibilisés aux enjeux environnementaux.

Depuis, cet enseignant, féru de sport et qui a débuté sa carrière dans l’animation et la vie associative, a affiné ses méthodes d’enseignement, fondées sur la responsabilisation des enfants et l’autonomie. Mais attention, si les élèves ont la parole, si leur travail est mis en avant, pas question d’être laxiste. C’est l’excellence que recherche Philippe Viard. Et ça marche ! D’ailleurs, il vérifie les scores des anciens des Bosquets, qui sont maintenant au collège. « Ils sont parmi les premiers dans la plupart des disciplines », dit-il avec fierté.

 

Sa classe commence toujours par un temps de parole. Aujourd’hui, Souad et Sérine présentent une ­affiche qu’elles ont réalisée pour enjoindre aux enfants de ne pas se battre dans la cour de récré : dessins de fleurs et slogan de paix. La réaction de la classe est mitigée. Philippe Viard reste positif. Finalement, toutle monde tombe d’accord : « Lorsqu’on est en colère, on ira se planter devant l’affiche, et cela ira mieux… » La prise d’initiatives est cultivée à l’école des Bosquets.

Plus d’initiatives à la maison

 

Ainsi, ce matin, Misia propose de la « récup » pour les Restos du cœur. Nassim – qui a choisi de s’asseoir à l’écart « pour mieux [se] ­concentrer » – trouve qu’il y a déjà trop de projets. C’est vrai, il y a le potager, la virée en roller et, surtout, la comédie musicale, avec une représentation dans quelques jours. Là encore, le maître, que les enfants tutoient et appellent Philippe, s’interpose adroitement.« L’idée est quand même intéressante et facile à réaliser », suggère-t-il. Misia n’en avait pas douté. Elle avait déjà apporté un grand carton…

 

Donner confiance en soi fait partie de l’enseignement public, à l’école des Bosquets. Les parents en profitent également. Magalie, une mère venue aider pour les rollers, remarque que ses enfants prennent plus d’initiatives à la maison, comme faire la cuisine ou jardiner.

 

En lieu et place du cahier,  le « contrat », dans lequel figurent exercices de grammaire, de calculs et feuille d’auto-évaluation. Il n’y a pas de notes à l’école des Bosquets.

Parmi les 28 élèves (sur un total de 64 dans l’école) de trois niveaux différents, CE2, CM1 et CM2, Philippe Viard réussit à accorder une attention individuelle à ceux qui en ont besoin. A Cécilène, arrivée de Madagascar il y a quelques mois. A Nassim, qui préfère rester à l’écart. Silence, maintenant, on ouvre les cahiers, ou plutôt, le « contrat », dans lequel figurent exercices de grammaire, de calcul et feuille d’autoévaluation. Il n’y a pas de notes, ici. Nicolas et Eliott vont au tableau pour ­conjuguer un verbe, tandis que Constance, dans l’atelier, une salle à part, explique à d’autres élèves comment faire un calcul de surfaces, fondé sur un placard publicitaire, qui comprend texte et images.

 

Chacun apprend à son rythme, mais il faut avoir fini à une ­certaine date, reportée sur le « contrat ». Même chose pour les tables de multiplication. La proposition du maître de se tester suscite d’ailleurs un « ouais ! » collectif et enthousiaste. Certains en sont à la table de 3, d’autres à celle de 6, de 8 ou de 10. Tous en recevront une photocopie à remplir. Et tous tenteront de battre leur propre record ! Un, deux, trois, c’est parti ! La concentration est forte. Les secondes s’égrainent. ­Tifenn aura battu son propre ­record, ­Thibaut et ­Titouan aussi, même s’ils se sont trompés dans l’une de leurs réponses. Les performances sont tout de suite affichées sur le site Web de l’école, via un écran géant dans la classe.

 

L'école des Bosquets, qui vient d'être sélectionnée comme "pionnière de l'éducation" par le réseau Ashoka, spécialisé à l'origine dans l'entrepreneuriat social mais qui a ajouté l'éducation comme levier de changement sociétal, est surtout et aussi une éco-école. D'ailleurs l'affiche scotchée sur la porte d'entrée donne le ton : "La terre est la seule planète où il y a du chocolat, alors protégeons-la !" proclame-t'elle.

 

Ce matin, on parle d’un nid de mésanges, que les enfants observent régulièrement. Comment se fait-il qu’avec huit œufs repérés au début, on ne compte pas autant de petits ? De nouveau, la parole est aux enfants. « Nous sommes des scientifiques, alors émettons des ­hypothèses », conseille le maître. Chacun a son idée, exprimée dans la classe. « Et que voulez-vous faire maintenant ? », demande ensuite Philippe Viard. En effet, c’est aux enfants de décider.

 

Des élèves de l’école des Bosquets en pleine récréation...

Il reste peu de temps avant l’heure du repas, alors mieux vaut chanter l’une des chansons – « Sauvons notre terre » – de la comédie musicale… Les enfants sont manifestement heureux et motivés. « Même quand je suis malade, je veux venir à l’école », proclament en chœur Louane et Misia. Les plus âgés, comme Inès et Enora, s’inquiètent bien un peu de la prochaine étape, le collège, où l’enseignement sera traditionnel. Mais, en bonnes bâtisseuses du futur, elles jurent qu’elles ont déjà des projets « pour le faire changer de l’intérieur. »

Article réalisé en partenariat avec Ashoka france

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 09:52
Au Canada, la méditation comme outil pédagogique à l'école.

Au Canada, de nombreux établissements ont fait entrer la « pleine conscience » à l'école. Cette technique permettrait d'améliorer le bien-être et les performances scolaires des élèves.

Une journée dans la classe de Christopher Lee ne commence jamais sans un exercice de « respiration ». La tête posée sur leurs bras croisés sur le bureau, à côté des livres de maths, des élèves de septième année (l'équivalent du CM2) de l'école Renfrew de Vancouver (Canada) apprennent à respirer. Ou plutôt à s'écouter respirer, en silence ou, comme ce matin, sur l'Ave Maria chanté par Andrea Bocelli. L'exercice de relaxation est tiré du programme éducatif MindUp, pratiqué par plus d'un millier d'enseignants de la ville de l'Ouest canadien.

Appliquée depuis près de dix ans dans les écoles de Vancouver, cette pratique pédagogique s'inspire de la très tendance technique de « pleine conscience » (mindfulness), qui aide à combattre le stress ou la dépression en se recentrant sur l'instant présent. MindUp y ajoute des leçons d'empathie, de contrôle des émotions ou encore d'optimisme. Un cocktail de positivité appelé « apprentissages émotionnels et sociaux », qui a pour but d'améliorer le bien-être des élèves et, in fine, leur réussite scolaire.

Les incivilités en classe diminuent

Cette méthode vient d'acquérir ses lettres de noblesse avec la publication, fin janvier, d'une étude scientifique reconnaissant ses bienfaits. Pendant quatre mois, les équipes de Kimberly Schonert-Reichl, chercheuse en psychologie qui a contribué au développement du programme MindUp, ont comparé les résultats de deux échantillons d'élèves, l'un suivant ce programme et l'autre non. La conclusion est sans appel : avec ces exercices, les incivilités en classe diminuent, la sensation de bien-être des écoliers va croissant tout comme leurs résultats en maths.

Patricia Morris, vingt-cinq ans d'enseignement dans le cartable, dont cinq avec ces outils pédagogiques, est une adepte. « Aujourd'hui, certains déclics dans l'apprentissage ont lieu beaucoup plus tôt dans l'année », constate-t-elle dans sa classe de maternelle, encore émue de « l'incroyable gentillesse » de ses jeunes élèves. « Soit les techniques de relaxation permettent de mieux se concentrer, soit c'est la bonne ambiance dans la classe qui crée un meilleur climat d'apprentissage », ajoute Kimberly Schonert-Reichl. Hugh Blackman, principal de l'école Renfrew, a son explication : « Lorsque les enfants arrivent le matin, ils ne sont pas “en mode école”. Ils ont encore la tête dans leurs écrans, leurs jeux vidéo, impossible pour eux de se concentrer. »

« Ça a un effet d'égalisateur social »

Outre ces exercices de relaxation, l'établissement propose une séance de tai-chi qui, en dix minutes d'un ballet de légers mouvements sur fond de musique asiatique, fait taire les piaillements matinaux au moment de regagner les classes. « ça a un effet d'égalisateur social », observe également Brian Wong, instigateur du projet : « Les enfants issus de milieux favorisés ont tendance à être déjà calmes, mais pas ceux des familles en difficulté, qui arrivent à l'école imprégnés du stress de la maison. » La tête rentrée dans les épaules, Callidora, 9 ans, chuchote à notre oreille combien le tai-chi lui fait du bien, elle qui arrive « toujours la dernière à l'école » le matin.

La Colombie-Britannique, qui forme les enseignants volontaires au programme MindUp, a fait du développement personnel et social l'un des fondamentaux à acquérir au même titre que le lire-écrire-compter cher à l'éducation nationale en France. « Auparavant, les recruteurs recherchaient des têtes bien pleines ; aujourd'hui, ils veulent aussi des compétences humaines de contrôle de soi et de travail en équipe », observe Kimberly Schonert-Reichl. Et, dans une ville aussi multiculturelle que Vancouver, où l'anglais est une deuxième langue pour 25 % des élèves, l'enjeu est aussi de bâtir en classe les conditions d'un vivre-ensemble qui dépasse les murs de l'école.

de Manon Rescan, pour Le Monde.

Le programme MindUp promu par la fondation de l'actrice américaine Goldie Hawn (en anglais)

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 08:27
L'histoire d'un héros ordinaire, prof à Drancy.

Ce jeune prof de Drancy qui voulait « changer le monde et sa classe »

On a tous eu un professeur qui émerge dans nos souvenirs au milieu d'un océan d'heures d'ennui en classe. Un ou une qui vous a fait d'un coup vous intéresser à l'histoire ou aux maths simplement parce qu'on savait vous parler et vous amener à vous surpasser dans une matière où vous vous sentiez nul. Jérémie Fontanieu, professeur de sciences économiques et sociales au lycée Delacroix à Drancy (Seine-Saint-Denis) est de ces magiciens. A vingt-cinq ans, ce prof tout juste débarqué dans le «93» - par choix-, a décidé de se fixer un objectif de 100% de réussite au bac. A un mois des premières épreuves, il semble en passe de réussir. Une gageure dans ce lycée de banlieue à la réputation peu flatteuse.Ce jeudi 23 mai, la classe est lancée dans les révisions. Au programme, un cours sur la justice sociale. Ils sont trente assis dans une petite salle. Avec ses grands, ses petits, ses noirs de peau ou basanés, ses filles et garçons aux vies compliquées souvent, la terminale 2 est une classe typique de cette ville populaire. Durant une heure, les élèves vont à tour de rôle lire à haute voix leurs notes pour structurer leur fiches. Rawls, Hayek, Bourdieu et même l'économiste Piketty..., les noms de référence défilent au gré des énoncés. Bougeant sans cesse, s'exprimant autant avec sa voix qu'avec ses mains, le jeune prof décrypte, interrompt pour demander une explication, précise les termes, se moque gentiment d'une expression, prend des exemples qui parlent aux élèves, répond aux interrogations, insiste sur le vocabulaire et d'un coup : «Vous êtes avec nous Madame?» à l'adresse d'une élève dont le regard s'envole par la fenêtre.
«Je comprends mieux et j'apprends bien»
La classe est calme, studieuse. A l'exception d'une jolie métisse prise par une irrépressible envie de dormir. L'après midi a déjà été éprouvante avec son épreuve de bac blanc d'espagnol et le cours d'EPS. Elle se redresse pourtant. Jérémie Fontanieu se démène comme un beau diable et soudain s'exclame quand un élève qui n'intervient jamais répond à une question : « ça fait plaisir!» et la classe jubile. Tout d'un coup, on se dit qu'on aurait rêvé d'assister à un cours comme celui-là. « Il ne fait pas juste un cours. Il s'investit, il parle d'autres sujets pour nous impliquer », témoigne Yoana, une grande noire aux fines tresses. « Je comprends mieux et j'apprends bien », continue David , un petit costaud aux yeux bridés. « On est captivé », confirme Doriane.
Ces élèves aux niveaux disparates, le jeune prof, ancien de Sciences-Po, les a découverts en septembre, peu motivés et pas du tout travailleurs. Ayant lu tout Pierre Bourdieu et Bernard Lahire, il savait la reproduction sociale de l'école, le plafond de verre pour ces enfants de banlieue et le déterminisme fataliste des enseignants. mais pas question de laisser faire. « Je voulais changer cette fatalité », dit-il d'un ton péremptoire. Sans recette pédagogique particulière, en tâtonnant, il s'est forgé une méthode à lui, faites de consignes simples et répétitives: relire ses cours tous les soirs et «bosser, bosser, bosser». Et si les élèves ne veulent pas travailler, il les forcera avec l'aide des parents.
La « méthode Fontanieu » dérange
Dès la rentrée, ces derniers sont invités avec empressement à assister à une réunion. le jeune homme n'y va pas avec le dos de la cuillère: « je leur ai dit que leur enfant aurait le bac, qu'il pourra s'engager dans des brillantes études s'il travaillait mais que pour ça, j'avais besoin d'eux derrière", se souvient M. Fontanieu. Tous les lundis matin, un QCM vient vérifier la leçon apprise ou pas. Ils sont corrigés dans les deux heures et notés sévèrement. Dés qu'un élève n'a pas bien répondu, ses parents sont prévenus par SMS. Heures de colle d'un côté, ordinateur ou Playstation confisqué de l'autre: les pressions ne laissent pas d'échappatoire, il faut travailler. « Les élèves se sont sentis cernés. Ils ont fait la gueule et puis s'y sont mis. Tous! »
Les notes ont suivi la courbe des efforts. La classe a progressé, les plus faibles comme les meilleurs. Jérémie Fontanieu ne donne jamais de devoirs écrits pour ne pas accroître les inégalités entre ceux qui ont des parents qui peuvent les aider et les autres. Mais à coup de sorties scolaires, d'un week-end d'intégration (avec une sortie à la fête de l’Humanité pour assister à un débat d'économistes), d'invitations de personnalités en classe, de consignes passées sur Facebook et un journal de classe, il a créé un esprit collectif, la « team TES2 ». Les parents reçoivent leur coup de fil ou SMS hebdomadaire mais de plus en plus souvent pour des encouragements et des félicitations. D'autres professeurs ont commencé à collaborer. Pas tous car la « méthode Fontanieu» agace et dérange. « Certains de mes collègues voient ça comme une remise en cause et attendent que je me plante», remarque le jeune prof, un brin orgueilleux.
« Ces élèves peuvent déchirer »
Les ados, eux, en redemandent. Laura et Randa ont été repêchées en fin de première. Depuis le début de l'année, elles ont décollé. « En voyant les résultats, on a vu qu'on n'était pas bête. Et le prof nous encourageait. On a fini par croire aussi en nous », explique la première, petite blonde menue. Tout sourire, M. Fontanieu boit du petit lait. « Je suis juste un miroir. Quand ils travaillent ces élèves peuvent déchirer»,feint-il de répondre. Le professeur principal s'est quand même beaucoup donné. Chaque semaine, deux heures sont consacrées aux envois de SMS et contact avec les parents. Lui y croit à son pari. En juin, la TES 2 aura son bac. Et d'affirmer sans complexe : « Je suis là pour trente ans. On fera de ce lycée un des meilleurs du 93 parce qu'avec la confiance entre collègues et avec les parents, on peut changer le monde!»
Sylvia Zappi, journaliste au Monde.
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:24

Le taux de réussite au brevet de ce collège est passé de 64% à 95%. Nouveau principal, confiance dans les profs, transmission de valeurs, et surtout, plaisir.


La cour du collège Duhamel à Paris (Audrey Cerdan/Rue89)

La salle des profs jouxte le bureau du principal. Elle est très grande et claire. Il y a des éclats de rire à l’heure du déjeuner. Les profs sont beaux, ou beaux d’être heureux, impossible à dire (sauf pour l’assistante d’espagnol, qui est objectivement une bombe atomique).

Quand le prof de français envoie un texto à des élèves, il hésite à masquer son numéro, décide de le faire quand même, mais signe « Amitiés » parce que c’est ce qu’il ressent. Quand la secrétaire de direction fête ses 50 ans, l’équipe lui offre un sac de grande marque vernis couleur prune.

Les profs m’assurent que ce n’est pas une mise en scène et qu’ils n’ont pas été payés par le rectorat ou la direction pour étaler leur bonheur.

Avant, c’était « beurk, argh, pfff »

Difficile à envisager, mais le collège Georges Duhamel, avant, c’était la zone et la loi de la déprime. Au début des années 2000, c’était un établissement connu pour sa petite délinquance de couloir et ses faibles résultats au brevet – 64% de réussite.

Situation sclérosée, puisque la direction et les profs n’arrivaient plus à se parler et les lundis matin étaient cauchemardesques. A l’époque, les classes étaient en sous-effectifs (370 élèves pour 468 places) ; plus que louche à Paris.

« Quand j’ai su que mon aîné était sectorisé sur ce collège, j’ai dit des mots comme “beurk, argh, pfff” », résume une mère d’élève. Finalement, son aîné a eu de la chance : en 2004, l’année de son arrivée, tout a changé. Un nouveau principal est arrivé, Albert Zenou, surnommé « Zenounours » ou « Zorro », qui a aujourd’hui 62 ans.


Albert Zenou, principal du collège, avec son adjointe Carole Blasco (Audrey Cerdan/Rue89)

En quelques années, il a transformé le collège en un établissement dans lequel on peut mettre ses enfants sans flipper : la réussite au brevet est passée à 95%, et le bien-être est palpable.

« L’autre n’est pas un tordu »

Le prof de français, « momie » qui enseigne dans le collège depuis 17 ans, pense que la confiance qui émane du principal a été déterminante dans la métamorphose de l’établissement.

« Le principal a réussi à nous fondre dans une même pâte grâce à une absence de suspicion. Il ne nous regarde jamais comme des fumistes et c’est très rare dans l’Education nationale. Il n’y a pas de paranoïa institutionnelle. »

En essayant d’expliquer les raisons de son bien-être dans l’établissement, une jeune prof parle aussi de confiance :

« On se voit en dehors des cours, on s’entend bien et le principal nous laisse les clés de l’établissement quand on fait des soirées. »

A son pot de départ à la retraite, une prof a raconté qu’elle ne s’était pas réveillée un matin. Arrivée dans le bureau du principal, il lui aurait simplement dit qu’il était sûr maintenant qu’elle était humaine.


Albert Zenou, principal, discute avec le CPE, Yannick (Audrey Cerdan/Rue89)

Albert Zenou sait comment créer un bon climat de travail. Il a longtemps tenu une revue qui s’appelle « Education et management » ; il y a appris les vertus de la structure enveloppante. Il connaît tout du beau-frère de la prof d’espagnol. Il sait aussi dire quand cela ne va pas : 

« Je le fais avec l’idée que l’autre en face est capable de recevoir [des critiques, ndlr] et qu’il n’est pas un tordu. »

Mixité et sac Picard

Parallèlement, à son arrivée, Albert Zenou a tout de suite souhaité mettre fin au détournement des élèves des milieux aisés : ceux qui avaient les moyens de fuir l’affectation en allant dans le privé.

Pour cela, il a créé des filières sélectives. D’abord une classe « bilangue » (même nombre d’heures d’anglais et d’allemand dès la sixième). La prof d’allemand, qui a l’air d’être une pointure, est particulièrement bien traitée : elle a sa salle, son PC et son vidéoprojecteur.

Il a ensuite lancé des sections latin et grec, une classe européenne, une section sportive (neuf heures d’escalade par semaine) et des options scientifiques (stages en labo en partenariat avec l’hôpital Necker).

Une mère d’élève, qui a longuement hésité à mettre ses enfants à Georges Duhamel, mais ne le regrette pas :

« Je suis contente de la mixité qu’il a réussi à créer. Mes fils ont des amis de toutes les religions et pas une semaine ne se passe sans que je me dise qu’ils sont ouverts d’esprit sur les autres familles et leur fonctionnement. Ils me bluffent, je suis contente. »

Puis elle ajoute :

« Ce qui est bien aussi, c’est que les élèves ressemblent à des élèves. Quand je vois sur le trottoir d’en face, des collégiens de Victor Duruy habillés avec leurs doudounes à la mode, cela m’horrifie. Ici, personne n’est mis à l’écart parce qu’il n’a pas le jean bidule. »

Les élèves aisés sont bienvenus, mais la provocation n’est pas tolérée. Albert Zenou et son adjointe Carole Blasco veillent tous les matins à l’entrée du collège. L’interdiction des sacs à main permet de limiter la frime :

« Un jour, une fille est arrivée en cours avec un sac Prada. On lui a demandé de le vider et on lui a donné un sac Picard. Cela n’avait rien à voir, sauf la première lettre des deux marques. Elle n’est plus jamais revenue avec. »

Planter les flèches du respect

Enfin, le principal a essayé de transmettre des valeurs aux enfants. Pied-noir, il est arrivé d’Algérie à l’âge de dix ans. Ses parents n’ont jamais voulu regarder en arrière (seulement les bons souvenirs, pas de haine).

« Je marche avec des flèches dans le dos, et ce sont celles du respect. Je viens d’une famille simple qui a vécu une immense perte et qui ne demandait rien. »

Avant de devenir principal, il était professeur de lettres classiques. « Le latin, cela structure. »

Bref, l’homme porte souvent une cravate rose, mais c’est sa seule folie. Il a le goût de l’ordre et du sérieux. A Georges Duhamel, pas de vernis, de maquillage, de tenues inappropriées ou de casquettes. Avant de partir en voyage scolaire, les élèves doivent signer une charte de bon comportement. Une élève nous dit que les parents sont « hypercontents », mais que cela va « parfois » un peu loin.

Le responsable de la vie scolaire, Yannick, est grand type très baraqué au regard doux. C’est un ancien sportif professionnel et ancien prof de français à l’université de Toronto, rentré le temps d’obtenir un visa permanent.


Yannick, responsable de la vie scolaire, pendant le cours de hip-hop qu’il anime (Audrey Cerdan/Rue89)

C’est un pilier du collège et Zenou l’a prié de rester un an de plus alors qu’il devait repartir. Avec le principal, ils essayent de prendre les problèmes en amont (aussi sur Facebook). Sabrina, 13 ans, confirme se sentir en sécurité :

« Moi, un jour j’ai été suivie par des garçons jusqu’à chez moi, je l’ai dit à mes parents, le principal a été mis au courant. Ça n’a jamais recommencé. Ça reste au stade de petites histoires. »

Il n’y a pas eu de conseil de discipline depuis environ sept ans.

« Ça m’amuse pas de faire du jersey »

Ambiance tout à fait saine, donc. Des profs qui ne se sentaient à l’aise qu’en lycée décident de rester en collège. Beaucoup ont envie de s’investir de façon « anormale ». Ils font tous de l’aide aux devoirs et proposent des ateliers dans le cadre de l’accompagnement éducatif (ainsi que des heures de soutien non-rémunérées).

Le niveau monte. La prof d’anglais, jeune blonde au pull rouge, a monté un club ciné. Elle organise une séance de cinéma en VO par semaine, avec relevé du nouveau vocabulaire à la fin.

« C’est le seul problème ici, on ne peut rien refuser au principal. On bosse certainement beaucoup plus qu’ailleurs. »

Au collège, entre midi et deux, des dizaines d’activités sont possibles. Calligraphie, boxe, cinéma en anglais, bridge, langage des signes...


Une enseignante montre à Nicole Duhamel les gants tricotés qu’elle a réalisés suite à ses cours (Audrey Cerdan/Rue89)

A la loge, Nicole Duhamel, 67 ans, qui porte le nom du collège et s’en amuse, propose des ateliers tricot pour les profs et les élèves, plusieurs fois par semaine, parce que cela lui fait plaisir.

« C’est ma passion le tricot, mais ça m’amuse pas de faire du jersey, il faut que ce soit compliqué. »

Elle adore l’accueil (elle dit « mes profs ») et elle nous assure qu’elle pleure déjà à l’idée de partir en juillet à la retraite.

Le lundi midi, le CPE Yannick anime quant à lui un cours de hip-hop sur casting. En salle 209, une dizaine d’élèves dansent et reproduisent des chorégraphies mises en ligne sur Youtube – le niveau est dingue.

Par exemple, ce lundi midi, un garçon, encore petit, l’air timide, qu’on aurait dit souple comme une branche de platane, a fait une roulade arrière sur une table de classe avant de faire des vagues avec les bras et des choses folles au sol.


Yannick pendant son cours de hip-hop (Audrey Cerdan/Rue89)

Nolwenn Le Bievennec et Audrey Cerdan pour Rue 89
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 15:15

foodlab, thierry marx

  

 

    Le médiatique chef étoilé Thierry Marx, qui a ouvert à Paris une école gratuite de cuisine destinée aux jeunes en difficulté, va créer une école similaire dans la boulangerie.


   Si tout va bien, dans 12 semaines, Nguyen Bao, 27 ans, aura toutes les chances de trouver un emploi dans la cuisine. Ce jeune homme fait en effet partie de la troisième promotion de Cuisine mode d'emploi, qui démarre ce Lundi. Composée de 8 élèves, sélectionnés parmi un public cible de jeunes en difficulté ou de personnes en reconversion professionnelle, cette formation, gratuite grâce à des subventions municipales et régionales notamment, se fixe comme objectif de former très vite des professionnels dans un secteur où chaque année, près de 50.000 postes ne sont pas pourvus.

 

   En 8 semaines de cours théoriques suivies de 4 semaines de stage en restaurant, les élèves apprennent ainsi 80 gestes de base et 96 recettes qui leur permettent de décrocher le certificat de qualification professionnelle de commis de cuisine, le premier échelon des diplômes reconnus dans la profession. "S'ils sont vraiment motivés, ils ont 100% de chances de trouver un boulot" assure le chef étoilé, Thierry Marx, à l'initiative du projet.

 
 
   C'est dans la cuisine scolaire du 114, rue de Ménilmontant, dans l'est parisien, le quartier où il est né, que le célèbre chef, juré de l'émission télévisée "Top Chef" sur M6, a installé son école en mai 2012. C'est en effet dans ce quartier  que la vocation lui est venue, en passant devant la boulangerie de Bernard Ganachaud, inventeur de la flûte Gana. Devenu chef étoilé, Thierry Marx avait créé en 2009, en Gironde, Cuisines nomades, sa première école gratuite, destinée à former des jeunes en difficulté à la street food, la cuisine à consommer dans la rue. Un engagement décidément à long terme, puisque, après Cuisine mode d'emploi, Thierry Marx, actuel chef des restaurants "Camélia" et "Sur Mesure" se prépare à lancer en Octobre 2013 une école de boulangerie. Une formation, toujours gratuite et qualifiante, mais financée, cette fois, par le grand public, via ses dons sur le site participatif My Major Company.


de Nathalie Birchem, pour le journal La Croix

Contacts: www.mairie20.paris.fr/et www.mymajorcompany.com/projects/boulangerie-mode-d-emploi-s-avec-thierry_marx( Boulangerie mode d'emploi).Tél: 06 27 13 78 65

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 21:11

    Dans les écoles primaires de Bondy, la Maîtrise de Radio-France recrute

de jeunes apprentis chanteurs. Pour en faire des musiciens

professionnels.


     De sa main aux ongles peints en bleu, Salmane, 9 ans, frappe un rythme à 3 temps sur ses genoux, en lisant tout haut sa partition posée devant elle: " Trois croches, noire pointée ... " Ce matin, à l'école Olympe-de-Gouges de Bondy (Seine-Saint-Denis), des élèves de CE1 ont formation musicale avec Charlène Froëlich, une jeune enseignante des Conservatoires de la Ville de Paris. Dans la salle, meublée d'un piano et d'un grand tableau où sont dessinées des portées, ils lisent les notes, apprivoisent les pulsations et découvrent pas à pas les arcanes de cet art savant....

   

     La musique est entrée dans la vie de Salmane à la dernière rentrée, à raison de 8 heures par semaine. " Je travaille aussi le piano", explique-t'elle, avant de filer pour les vocalises de son cours de choeur, dans la grande salle où les chaises sont disposées en rond autour du piano à queue.


     Bienvenue à "l'école qui chante". Ici, une soixantaine d'élèves du CE1 au CM2, soit le tiers des effectifs, bénéficient d'une formation musicale de haut niveau, dispensée par la Maîtrise de Radio-France, en partenariat avec la Ville et l'Education Nationale. "Chaque année, nous auditionnons tous les enfants des classes de CP des quartiers nord de Bondy, explique Sophie Jeannin, la directrice musicale. "Sur 200 enfants, nous en sélectionnons 15 pour leur aptitude et leur envie de chanter.

 

     Ce projet d'excellence qui date de 2007, est hébergé dans une structure moderne baignée de lumière. Elle est amarrée au pied des grands ensembles , qui commencent à être réhabilités. 35 nationalités se côtoient à Olympe-de-Gouges. La pauvreté reste forte :"90% des enfants ici déjeunent à la cantine pour moins d'un euro par jour, indique le directeur, Yannick Saint-Aubert. Pour payer les 8 euros de la photo, on me demande souvent d'attendre que le salaire tombe à la fin du mois. " 


     Mais les élèves n'ont rien à verser pour devenir chanteurs, et la Maîtrise met, même à leur disposition, moyennant une caution, un clavier électrique pour leur permettre de travailler à la maison.. A l'école, les emplois du temps jonglent avec les impératifs musicaux. "Les élèves de la Maîtrise quittent à tour de rôle la classe, par petits groupes, pour aller prendre leurs cours, dit Fatima el-Kourdi, la maîtresse de CE1. Je leur donne un contrat quotidien qu'ils doivent respecter". Les apprentis chanteurs gagnent en autonomie, en concentration."On écrit vite la consigne quand la maitresse la donne", explique Rimi, 9 ans. Elle sait qu'elle n'aura pas le temps de la faire répéter. L'entraide est devenue chez eux, une deuxième nature ... Quand aux"non-maîtrisiens", pour ne pas être en reste, ils ont des projets autour des arts visuels et du cinéma.
         

     Radio-France prépare ces jeunes musiciens à devenir des choristes professionnels.Les CM1 et les CM2 se produisent dons régulièrement en concert. Ils touchent même un petit salaire, de 10 à 15 euros, quand l'entrée est payante. L'année dernière, ils ont chanté l'opéra "Mille Orphelins", monté par Laurent Gaudé au théâtre Nanterre-Amandiers. Quand aux plus jeunes, ils vont faire leurs premières armes dans les écoles de Bondy où ils proposent des "concerts pédagogiques".
   

     Brassage culturel et social. Car Radio-France fait répéter ensemble chaque semaine les élèves de Bondy avec ceux du groupe scolaire de Jean de La Fontaine, l'autre site de la pré-maîtrise, au coeur du Paris aisé. Cet après-midi, ils travaillent leur prochain concert. Ds le grand amphithéâtre du Lycée La Fontaine, tapissé de briques, sous la houlette d'une maîtresse de choeur exigeante, usant de tous les registres pour capter leru attention, un peu clown, un peu dragon, ils sont une quarantaine et chantent "La Courte Paille", les mélodies de Francis Poulenc sur des poèmes malicieux de Maurice Carême. Un éblouissement.

 

     de Caroline Brizard, pour Le Nouvel Obs.

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 14:16

Bunker Roy : Apprendre d'un mouvement va-nu-pied

       A Rajasthan, en Inde, une école hors du commun forme hommes et femmes venant de milieux ruraux -- illettrés pour la plupart -- pour devenir ingénieurs en énergie solaire, artisans, dentistes et docteurs dans leur propre villages. Elle s'appelle l'Université des Va-nu-pieds, et son fondateur, Bunker Roy, nous explique comment elle fonctionne.

       Voici à suivre la vidéo-conférence de cet indien, Bunker Roy, qui fait des merveilles. Si vous aimez les belles histoires, de celles qui rendent confiants en l'homme et en ses possibilités infinies, voici son magnifique témoignage :

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 10:09

 

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Promouvoir la boxe dans les quartiers sensibles pour favoriser l’insertion sociale.

 

    Tel est le but affiché de l’Académie Christophe Tiozzo, co-fondée par Christophe Tiozzo, ancien champion du monde de boxe des super moyens en 1990 et médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Los Angeles et Thomas Piquemal, ancien banquier d’affaires chez Lazard et directeur général des finances chez EDF.

 

    Si le premier site a vu le jour à Villiers-le-Bel, dans le Val-d’Oise en janvier 2009, * un deuxième club à Toulouse, soutenu localement à hauteur de 200 000 euros par de grands groupes et des fondations d’entreprises (le Groupe Casino, la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées, Veolia Propreté, Pacfa et par le Conseil régional, la Préfecture de la Haute-Garonne et la Mairie de Toulouse), a émergé un an plus tard. Installé dans le quartier du Mirail, au sein du centre commercial Casino de Basso-Cambo, le club s’étend sur une superficie de 900 m2.
 
Un succès sportif : le plus gros club de l’agglo en deux ans.

 

    « Notre objectif premier est de favoriser la pratique de la boxe anglaise à tout le monde. Enfants, étudiants, salariés, débutants ou confirmés, hommes, femmes sont les bienvenues. On initie le noble art aux plus petits, à partir de l’âge de six ans à travers la baby-boxe jusqu’à la pratique amateur plus poussée. Cette grande mixité sociale explique le succès de l’Académie toulousaine qui compte 270 licenciés après seulement deux ans d’existence. Nous sommes devenus le plus gros club de l’agglomération toulousaine. » explique Philippe Kaminski, le directeur technique.
 
     Si certains licenciés viennent pour se défouler et relâcher la pression après leur journée de travail à l’image de Marjorie, d’autres sont devenus de véritables « mordus » de cette discipline. Pour Cyril, la boxe est une véritable passion. Ce dessinateur en conception assistée par ordinateur de 32 ans s’entraîne tous les soirs et s’implique lors des séances dispensées par les entraîneurs du club. Une envie et une assiduité qui lui ont permis de participer à l’un des grands événements bi-annuels inter-clubs de l’Association, le stage de perfectionnement de boxe en altitude au camp d’entraînement de Bolquère, non loin de Font-Romeu, en août 2010.

       Poussé par Philippe Kaminski, Cyril validera en avril prochain le Prévôt, diplôme qui permet de tenir une salle de boxe en toute autonomie ainsi que d’encadrer des jeunes en Boxe Educative Assaut (BEA) et des boxeurs amateurs.

 

    Par ailleurs, d’autres initiatives devraient voir le jour dans le courant de cette année. Des séances "découverte" avec les écoles proches des quartiers de Basso-Cambo avec l’aide de l’association Rebonds, des séances de boxe dans le milieu carcéral (le dossier d’habilitation avec la Maison d’arrêt de Seysses va être déposé) ou encore la mise en place d’une pratique handiboxe, à destination des handicapés demeurent parmi les projets les plus significatifs de l’Association.
 
Une insertion sociale qui débute

 

    Si l’Académie vise avant tout l’insertion par le sport, elle n’en oublie pas le volet social. Pendant un an, les licenciés, jeunes chômeurs ou élèves déscolarisés sont suivis lors d’un « parcours d’insertion » afin de décrocher un emploi dans l’une des entreprises partenaires de l’Académie.

    « Nous n’avons pas vocation à nous substituer à Pôle emploi et aux autres institutions d’insertion. Nous identifions les licenciés et les orientons selon leur profil vers un stage, une formation ou un emploi. Nous nous occupons du démarchage auprès des DRH des entreprises partenaires par l’intermédiaire d’Emmanuelle David, chargée d’insertion des trois sites de l’Académie ainsi que des clubs labellisés » tient à préciser Philippe Kaminski.

 

    Aboubacar, 19 ans, jeune espoir qui a intégré l’Académie il y a un an, est au chômage depuis plusieurs mois. « Après avoir touché au secteur de la carrosserie qui finalement ne me convenait pas, je souhaite me réorienter vers le domaine de l’électricité. Je n’ai pas encore d’idée précise de ce que je vais faire, mais j’entamerai mon parcours d’insertion dans une quinzaine de jours avec Emmanuelle David. Pour le moment, je dois décrocher mon permis de conduire pour avoir plus de chances auprès de futurs employeurs et donc de décrocher un emploi pérenne ».

 

    A l’heure actuelle, sur le site toulousain, 25 "académiciens" ont été contactés et ont rencontré Emmanuelle David en 2011. Parmi eux, quatre ont été placés dont deux recrutés par ERDF Sud-Ouest.
 
*Un troisième club a ouvert ses portes dans le XIX eme arrondissement de Paris en septembre 2011. L’Académie compte également un réseau de 12 clubs labellisés à Marseille (sur deux sites), Nancy, Boulogne-sur-Mer, Noisy-le-Grand, Lormont, Nouzonville, Fumay, Bazeilles, Grenoble, Paris XVIIème Epinettes-Batignolles et Rillieux-la-Pape.

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