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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 17:14

     

   

   

 Par les fenêtres de son bureau, sous les toits d'un palais baroque, le jeune milliardaire Karel Janecek, 39 ans, ...  le regard bleu pétillant, scrute le château de Prague. Le 8 mars,le social-démocrate Milos Zeman  , élu le 26 janvier,a remplacé le président libéral Vaclav Klaus, à la tête de l'Etat depuis dix ans. La large amnistie présidentielle décrétée par M. Klaus le 1er janvier, qui a blanchi des centaines de personnes impliquées dans des délits financiers colossaux, a ruiné le capital de sympathie du chef de l'Etat sortant.

   

Le geste a révulsé M. Janecek. Il a aussitôt lancé un appel, signé par 74 000 de ses concitoyens, afin que M. Klaus soit jugé pour haute trahison. En deux mois d'intenses activités, il est parvenu à convaincre 28 sénateurs de convoquer  une session du Sénat qui décidera de saisir ou non la Cour constitutionnelle, seule apte à juger le chef de l'Etat. "La partie sera serrée, mais notre proposition a de bonnes chances d'être acceptée", dit-il. "Un procès du président sera l'occasion de fixer les limites des pouvoirs du chef de l'Etat", estime pour sa part la sénatrice écologiste Eliska Wagnerova, juge à la Cour constitutionnelle pendant dix ans et favorable à l'initiative de M. Janecek. Quoi qu'il en soit, cette campagne a valu à Karel Janecek une immense notoriété et une aussi grande popularité. ....

Pourtant, il n'a rien du va-t-en-guerre ni de l'activiste survolté. Karel Janecek n'a pas même été toujours aussi remonté contre Vaclav Klaus, incontournable sur la scène politique depuis la "révolution de velours" en novembre 1989. "J'ai même admiré l'économiste Vaclav Klaus qui a conduit la transformation de l'économie communiste vers l'économie de marché", reconnaît-il.

   M. Janecek est un représentant typique de ce que les sociologues tchèques ont appelé les "enfants de [Gustav] Husak", chef du Parti communiste tchécoslovaque de 1969 à 1989.

   Il est né en 1973 à Plzen (Bohême de l'Ouest), au plus fort de la normalisation imposée au lendemain de l'écrasement du "printemps de Prague" de 1968 par les chars soviétiques. Il a commencé ses études lorsque le pays s'est ouvert après quarante ans d'isolement, "au moment où soudain, tout devenait possible". Le jeune Karel, "passionné depuis l'enfance par les jeux de logique et les mathématiques", étudie à Prague, puis part aux Etats-Unis pour obtenir un MBA en finances.

   Entre-temps, alors que la Bourse de Prague fait ses premiers pas, il crée à 21 ans avec des camarades d'études la société de trading algorithmique RSJ. Ils vont développer des programmes si performants pour la spéculation à haute fréquence que la société s'impose sur les principales Bourses de dérivés (Londres, Chicago, Francfort) et devient l'un des leaders européens.

   Discret, ne quittant qu'à contrecoeur son jean et arborant une barbe blonde de trois jours, il n'a aucun besoin d'afficher de façon ostentatoire sa réussite, réalisée en dehors du pays. M. Janecek, important mécène pour la création artistique contemporaine, est inconnu du grand public jusqu'à la fin des années 2000. La crise de 2008 et la désignation des sociétés de trading à haute fréquence parmi les coupables de la débâcle économique le font sortir de l'anonymat. "Notre activité est tout à fait morale, elle est créatrice de valeurs", rétorque-t-il aux critiques.

   Parallèlement, M. Janecek, qui ne s'intéressait "pas de près à ce qui se passait dans la société tchèque, découvre comment la corruption omniprésente paralyse le fonctionnement des services publics""Nous devons à Pavel Bem [ex-maire de Prague] la création de la Fondation contre la corruption", reconnaît M. Janecek, qui a été rejoint par d'autres entrepreneurs tchèques, las des pratiques malhonnêtes.

   La fondation soutient financièrement des personnes qui dénoncent des cas de corruption ainsi que des enquêtes sur des affaires classées par la police ou la justice en raison de manque de compétences ou de pressions politiques. Sept personnes ont ainsi déjà reçu 20 000 euros (deux ans de salaire moyen) pour "leur courage".

   "Dénoncer les dérives ne suffit pas, il faut que la société remette ses valeurs dans le bon ordre", professe M. Janecek. Il a proposé une nouvelle loi électorale dans le but de favoriser l'accès au Parlement de personnalités indépendantes et respectées. Elle a rencontré un accueil mitigé. "Il est naïf de penser que les partis vont changer facilement le système qui leur est si favorable", estime le politologue lukas Jelinek.

   Avant de se lancer dans sa croisade contre Vaclav Klaus, M. Janecek a sillonné le pays l'automne dernier pour inciter ses compatriotes à "changer le climat délétère qui a gangrené la société tchèque". A chaque fois, le succès était au rendez-vous. Des milliers de personnes ont assisté à ses conférences dans les quatorze capitales régionales. Le clin d'oeil est évident : plus de vingt ans après la "révolution de velours", il veut, à nouveau, provoquer un sursaut civique pour balayer les abus du pouvoir, tant au niveau national que local.  ....

  de Martin Plichta, correspondant pour Le Monde à Prague.

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Published by une terrienne - dans Politique
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