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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 11:12

Dans la nature, il s'agit maintenant de penser coopération plutôt que compétition .

Le fait est établi depuis Darwin : la lutte pour la survie est le seul ressort de l’évolution du vivant. Toute la biologie du XXème siècle s’est construite sur cette idée fondatrice de la compétition entre espèces. Le seul problème… c’est qu’elle est aujourd’hui battue en brèche. Car de nouvelles techniques d’investigation du vivant ne cessent de mettre en évidence une nouvelle loi de la jungle : au fond des mers, sous terre, jusque dans nos propres organes peuplés de bactéries… les êtres vivants survivent bien mieux s’ils tissent entre eux des relations de coopération et de mutualisme. Voilà qui met à mal l’un des dogmes les plus établis du XXème siècle. Surtout, voilà qui oblige à repenser l’évolution à l’aune d’une nature, non plus exclusivement belliqueuse, et égoïste, mais altruiste et généreuse.

UNE AUTRE LOI DE LA JUNGLE


Des exemples ? Grâce à Flans de Waal, on sait donc à présent qu'il existe chez les
singes un système extraordinairement complexe de relations et d'émotions, impliquant l'empathie, des prémices de la morale, un sens de la politique...le sens de l'équité chez les corneilles a par exemple été mis en évidence il y a quelques mois ! Et ces coopérations au sein d'une même espèce ne sont pas propres aux vertébrés doués d'un gros cerveau. Ne parlons pas des insectes sociaux, déjà observés par Darwin, mais depuis toujours considérés comme un cas particulier impossible à généraliser.

Regardez donc les bactéries: depuis dix ans, on n'en finit plus de mettre au jour de
surprenants phénomènes coopératifs. Au premier rang desquels leur capacité
individuelle à percevoir la taille de la population à laquelle elles appartiennent. Ce qui
leur permet des dizaines de comportements coordonnés, allant de la reproduction
jusqu'à l'émission de signaux ou de molécules de défense.

Autre surprise, l'entraide entre végétaux. La Canadienne Suzanne Simard a ainsi découvert d'importants transferts de nutriments depuis de vieux arbres vers leur progéniture poussant à leurs pieds, ce qui permet aux jeunes de se développer normalement en dépit de l'ombrage au-dessus de leur tête. Autant de comportements qui ont été sélectionnés par l'évolution comme les caractères les plus à même d'assurer la survie de ces espèces.


Ce ne sont pourtant pas ces comportements sociaux entre individus d'une même
espèce qui ont le plus stupéfié les évolutionnistes, mais l'exploration des relations
entre espèces différentes. Et la plupart tournent autour d'une notion appelée sans aucun doute à bouleverser la biologie du XXIème siècle: la symbiose. A l'opposé de
la lutte, cette relation d'étroite proximité entre des organismes par
tenaires d'espèces différentes se fait au bénéfice de chacun. Un exemple classique en est l'omniprésent lichen, alliance entre un champignon et une algue hébergée dans ses tissus, qui produit des sucres pour le champignon en échange de sa protection contre le dessèchement.

Dans les années 1970 la symbiose se retrouve au cœur même des cellules qui nous composent: tous les animaux hébergent dans leurs propres cellules de petits organites énergétiques, les mitochondries, qui étaient à l'origine, des bactéries symbiotiques .. Mais c'est avec la découverte des sources hydrothermales sous-marines, dans les années 1980, que la prise de conscience a véritablement commencé. Ces milieux hostiles, situés au niveau du plancher océanique par plusieurs centaines, voire milliers de mètres de profondeur, où règnent ténèbres, pressions écrasantes, températures et acidité extrêmes, se sont en effet avérés être de véritables mines de métabolismes inconnus et bizarres... et d'associations multiples ! La palme de l'excellence symbiotique revient à l'immense ver Riftia, qui n'a ni tube digestif ni bouche, qui est une sorte de "sac à bactéries" qui a "choisi" d'héberger les bactéries qui le font vivre plutôt que de les manger ! Les chercheurs ont été ainsi obligés de constater l'omniprésence de la symbiose dans le monde du vivant !

On sait à présent que dans une forêt, chaque arbre est en symbiose avec quelque 200 espèces de champignons, eux-mêmes connectés à un grand nombres d'arbres. Tout cet ensemble échange des myriades de nutriments et de sucres. Nous avons découvert des végétaux de sous-bois dépourvus de chlorophylle, et alimentés par des champignons en sucres issus d'arbres situés plus loin. Il faut donc voir un tel écosystème comme un réseau et non comme une juxtaposition d'individus.

A cette description, il convient d'ajouter les bactéries symbiotiques, ainsi que les mutualistes que sont les pollinisateurs, les oiseaux et mammifères qui dispersent les graines, sans oublier le recyclage de la matière par les invertébrés du sous-sol. Même le plancton est le siège de symbioses étroites qui alimentent en azote les algues unicellulaires et jouent donc un rôle planétaire dans le cycle du carbone !

Il est intéressant de voir à quel point la symbiose n'est pas une simple cohabitation, mais une véritable interpénétration biologique des partenaires.

Et tout cela fait profondément écho à l'importance biologique du microbiome humain, cette colossale communauté microbienne installée dans notre tube digestif, qui compte 10 fois plus de cellules que notre corps, et sans laquelle aucun d'entre nous ne pourrait survivre.

La réalité est que les êtres vivants se révèlent de "véritables poupées russes" de mutualismes emboîtés. Même les virus, se révèlent être dans leur majorité utiles à de nombreuses espèces, dont la nôtre.

Ce qui est donc certain désormais, c'est que la notion d'individu égoïste et insulaire, muni uniquement de ses gènes propres et en guerre contre tous pour les faire triompher, a vécu.

Cette prise en compte de la coopération ne pose pas seulement des questions
théoriques fascinantes sur les moteurs de l'évolution et du vivant. Elle débouche déjà
sur des recherches et même des découvertes essentielles. En agronomie, l'utilisation
des symbioses, éclipsée au cours des dernières décennies par l'abondance des
engrais bon marché et des pesticides, revient en force comme stratégie de
maintien de la productivité et de la résistance aux ravageurs. En médecine, le
bactériome humain apparaît désormais comme une porte d'entrée capitale dans
l'équilibre métabolique de l'organisme. En écologie, la connaissance des réseaux de
coopération devient cruciale pour protéger les espèces menacées de disparition.

" Reconnaître l'importance du mutualisme sous toutes ses formes, puis en
décrypter et en contrôler les ressorts: les principaux enjeux de la biologie du
XXIème siècle sont là", estime Russel Rodriguez. Il y faudra de la ténacité. Et,
serait-on tenté d'ajouter pour le clin d'œil, le sens de la coopér
ation.

Sciences & Avenir. Mai 2013

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Published by une terrienne
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commentaires

Etienne 02/08/2013 10:28

Super intéressant, comme tout ce qui permet de changer notre manière de voir