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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 14:05

                                         
        Contrairement à une idée reçue, les jeunes générations ne sont pas dépolitisées.

 

          Les dernières études montrent même un regain d'intérêt qui s'accompagne de comportements nouveaux. Ce n'est peut-être encore qu'une brise ou un simple appel d'air. Mais les experts ont repéré depuis quelques années un vent politique nouveau qui souffle sur la jeunesse française. Dans une étude publiée fin 2010, le sociologue Bernard Roudet révèle un frémissement très sensible de l'intérêt politique chez les moins de 30 ans.

Chargé d'études à l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep), le chercheur s'est penché sur la quatrième édition de l'enquête sur les valeurs des Français, réalisée tous les neuf ans depuis 1981.

Ces derniers résultats font apparaître « une politisation des jeunes à la hausse, comparable aujourd'hui à celle des adultes». Alors que les résultats étaient faibles et stables depuis des années, la proportion de jeunes qui se déclarent « très intéressés » par la vie politique a doublé en 2008, pour atteindre 12 %. Suivent 29 % des jeunes qui se déclarent «assez intéressés», soit une hausse de sept points par rapport à 1990.
La fréquence des discussions politiques a dépassé en 2008 celle de 1981, année pourtant sensible. 53 % des 18-29 ans discutent «de temps en temps » de politique (même niveau qu'en 1981) et 17 % répondent «souvent» (contre 12 % en 1981).
 

 

        Ce renforcement de l'intérêt politique est confirmé par les données du Centre d'étude de la vie politique (Cevipof) de Sciences-Pô. Elles révèlent une légère augmentation, entre 1988 et 2002, puis un bond en avant de 15 points en 2007, avec 67 % des jeunes qui se disent très ou assez intéressés. L'ensemble de ces résultats donne raison à la chercheuse du Cevipof, Anne Muxel, qui réfute la thèse de la dépolitisation de la jeunesse. Dans son dernier ouvrage, elle explique au contraire que la politisation se maintient, mais que ce sont « les contenus » même de l'intérêt qui ont évolué : « Celui-ci s'est déporté de la scène nationale vers la
scène mondiale. (...) Les questions éthiques ont pris le pas sur les clivages idéologiques. »

Bernard Roudet estime lui aussi que l'intérêt des jeunes se porte davantage sur « les grands sujets de société, comme l'environnement ou aussi les questions spirituelles».
 

 

       Les moins de 30 ans ne se tiennent pas à l'écart du jeu politique. En 2007, leur participation à l'élection présidentielle a été presque aussi forte que celle de leurs aînés, avec 82 % de votants aux deux tours. La première décennie du XXIe siècle a surtout été marquée par la récurrence et l'intensité des mouvements lycéens et étudiants. Contre le contrat
première embauche (CPE) en 2006, la réforme du lycée en 2008, jusqu'à leur mobilisation inattendue sur la défense des retraites cet automne.
 

 

       Deux éléments d'explication éclairent ce retour du politique. D'une part, la « pipolisation » de la vie publique a un fort impact sur leur mobilisation électorale, qui reste en dents de scie. L'année 2007 a révélé un indéniable effet Sarkozy, en « pour» ou en « contre ». D'autre part, le rapport au politique des jeunes est de plus en plus «protestataire», note Anne Muxel. La crise financière, les difficultés à entrer dans le monde du travail n'ont pu que les inciter à s'engager dans des combats qu'ils estiment mener au nom de la justice ou de l'égalité.
Les différents responsables des mouvements politiques de jeunesse qui, en nombre d'adhérents, se disent tous en nette croissance, confirment cette analyse. Noé Pflieger, 23 ans, un des responsables des Jeunes Verts, estime que «l'anti-sarkozysme a réveillé la jeunesse. Mais s'il est facile de mobiliser "contre", en général, cela ne dure pas. L'enjeu est de trouver de nouveaux modes d'engagement. »
Chez les Jeunes populaires de l'UMP, Julien Rutard, 23 ans, témoigne dans le même sens : « Avec le recours aux réseaux sociaux, c'est facile de motiver les jeunes. Pour la prochaine présidentielle, on sent déjà un frémissement.»

 

     Selon les travaux d'Anne Muxel et l'étude «valeurs » analysée par Bernard Roudet, les formes d'expression politique des jeunes sont moins institutionnelles et de plus en plus variées. 64 % des jeunes disent avoir signé une pétition en 2008, contre 47 % en 1981, et 48 % ont participé à une manifestation, contre 34 %.
Est-ce que cette évolution va dans le sens d'une vraie socialisation politique ? Les avis sont partagés. Si Anne Muxel estime que les jeunes se réapproprient à leur façon le terrain politique, Bernard Roudet s'avoue « un peu moins optimiste» sur la solidité de cet investissement.
 

 

      Enfin, sur le fond, l'enquête «valeurs » confirme une progression du centre et de la droite parmi les jeunes, mais aussi une forte poussée aux deux extrêmes. En outre, 24 % des jeunes estiment qu'il faut «changer radicalement l'organisation de notre société », alors qu'ils n'étaient que 6 %à le penser en 1990. Cette nouvelle montée de la radicalisation est observée avec attention par les chercheurs. Olivier Galland, du CNRS, y voit l'expression d'un inquiétant décrochage d'une partie des jeunes, parmi les moins diplômés ou les habitants des cités.

 

Bernard CORCE
La Croix

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Published by une terrienne - dans Sociologie
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