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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 09:49

   Dans l'est de la République du Congo, une station lance les avis de recherche, prévient des épidémies ... elle tire son éléctricité d'une astuce locale

 

 

          Tolaw, en République démocratique du Congo, on sait recevoir. A l'arrivée des Européens, en mai dernier, toute la communauté est sur la place. On fait passer les visiteurs sous des branches de palmiers disposées en arc. Des jeunes filles offrent des fleurs ; le chef du village, un cochon, des poulets et un régime de bananes. Danses, théâtre, discours. Depuis des semaines, les villageois attendaient Max Bale, de RFI Planète radio, et Michel Meunier, de Codéart, association humanitaire belge. Radio Mabele demande « à tous les auditeurs de ne jamais s'inquiéter. Les ingénieurs sont arrivés, les travaux vont démarrer. A cet effet, nous vous demandons quelques jours de patience. Ensuite, vous pourrez suivre vos émissions habituelles ».

 

          Entre 1996 et 2003, Tolaw, à l'est du Congo, a été le théâtre de guerres dévastatrices - une redoutable milice y sévit encore. Développement et Paix, une association chrétienne de Montréal, cherchait à protéger les habitants. Mais comment, dans cette ­région privée de routes, d'électricité et de médias ? Par la radio ! L'association décide d'en créer sept et se tourne vers RFI Planète. Dès 2005, Max Bale se retrouve au Vatican, en rapporte consoles, micros, émetteurs, antennes, achète le matériel manquant à Paris et expédie le tout par bateau. A Kisangani, capitale de la province, il construit les studios de l'une des sept radios. Les habitants des six autres ­localités choisies sont là, notent, dessinent et refont chez eux, et à l'identique, le même bâtiment. Début 2006, lorsqu'il arrive à Tolaw, Max Bale s'en amuse : même la couleur des murs est semblable... Radio Mabele émet dès juin 2006 grâce à un générateur ­classique. Les auditeurs, éparpillés dans la forêt, se regroupent en quatre-vingt-cinq « noyaux », donnent leur point de vue sur les émissions, informent la collectivité de ce qui se passe sur leur territoire. Grâce à cette organisation, les coupables sont dénoncés à l'antenne et les « tracasseries » s'atténuent.

 

 

Choc pétrolier


Les femmes travaillent aux champs avec leur poste accroché aux arbres. « Auparavant, dit l'une d'elles, les chefs de village communiquaient avec des gongs en bois. Seuls les initiés pouvaient les décrypter. Avec la radio, tout le monde comprend. » En 2008, le choc pétrolier vient perturber cette belle harmonie. Le prix de l'essence flambe. Continuer à faire marcher le générateur de la radio est d'autant plus compliqué à Tolaw que la pompe la plus proche est à deux jours de piste. Prosper Libande Atianga, le directeur de la station, décide alors de passer de huit heures de diffusion quotidienne à six, puis à quatre, puis à deux... Mais les villageois de Tolaw ont l'habitude de se prendre en main : « La meilleure manière de nous aider, dit Samuel Yagase, de Gova (Groupement et organisation villageoise d'autodéveloppement), c'est d'aider les Européens à arrêter leur aide. Sur le plan technique, on aura toujours besoin d'un coup de pouce, mais pas plus... » Ici, le pouvoir est entre les mains des femmes. Les hommes défrichent, nettoient. Elles sèment, récoltent, vendent et décident de l'utilisation des gains. Et mettent une partie de la récolte de côté afin d'aider les jeunes qui veulent étudier. Elles ont acheté une maison à Kisangani pouvant accueillir dix étudiants. Une fois diplômés, les jeunes s'engagent à rester deux ans à Tolaw. En fait, ingénieurs, architectes, journalistes ou professeurs restent quasiment tous sur place. Parmi eux, le rédacteur en chef de la radio. Face au manque d'essence, c'est lui qui, en 2008, décide de demander conseil à Max Bale, devenu une sorte d'expert en énergie alternative.

« Quelle est votre production la plus stable et inépuisable ? » leur demande Bale. « Le palmier et ses dérivés... » répondent-ils. « Eh bien, nous allons faire fonctionner votre radio avec un générateur à l'huile de palme. » Eclat de rire général. Le chef de projet de RFI Planète radio ne se démon­te pas : « Combien coûtent 200 litres d'essence à Tolaw ? -- 370 dollars. - Combien vaut la même quantité d'huile de palme ? -- 66 dollars. » Max Bale fait appel à une association belge, Codéart, qui crée pour les pays du Sud des machines à destination de l'artisanat. Ses responsables achètent des moteurs en Inde et les modifient à la demande. Là, le problème est simple : l'huile de palme étant très épaisse, il faut la chauffer avant qu'elle pénètre dans les engrenages et prévoir, au démarrage et à l'extinction du groupe électrogène, dix minutes de fonctionnement à l'essence. Moteurs, alternateurs, filtres, pièces de rechange, 800 kilos de matériel quittent le port d'Anvers en octobre 2010. Direction Matadi, le seul port du pays, où les caisses de bois sont disposées sur une barge qui remonte le fleuve Congo et tombe en panne. Ce n'est qu'en avril 2011, après des semaines de navigation et de convoi en 4 x 4, qu'elles arrivent à destination.

 

 

Piège à mouche tsé-tsé
 

La population attendait impatiemment la reprise des émissions... Sans elles, pour une épidémie, le médecin qui exerçait habituellement au micro était obligé de se déplacer dans chacune des familles. Idem pour le vétérinaire. Quant à l'agronome, il ne pouvait plus informer de l'arrivée d'insectes ravageurs. « Heureusement, les villageois avaient retenu les leçons prodiguées à l'antenne, explique le médecin. Je leur avais expliqué comment fabriquer des pièges à mouches tsé-tsé. Avec la reprise de nos émissions, nous annonçons régulièrement l'état du stock de médicaments. » En fin d'après-midi, place aux avis de recherche. Quand un chasseur ne rentre pas chez lui, sa famille avertit aussitôt la radio, qui passe l'info. Les auditeurs partent à sa recherche.

 

A partir de 20 heures, tout le monde écoute sur Radio Mabele la retransmission des émissions d'Okapi, station créée en 2002 à l'initiative des Nations unies, avec la Monuc et la Fondation Hirondelle : le Dialogue intercongolais et la présentation des candidats à l'élection présidentielle, prévue pour novembre 2011 - mais on parle d'un possible report.

 

Radio Mabele fait l'unanimité. Chaque case, chaque famille dispose d'un poste. Sans le fameux moteur à huile de palme, elle n'existerait plus. Ce soir de mai, sachant que les techniciens sont à Tolaw, une « mama » apporte le mets le plus fin, une tortue à mitonner. Ses soeurs sont devant leur four à huile de palme, de simples trous dans le sol pour chauffer les fruits et une torsade de feuille pour écouler le liquide. Chaque famille produit 5 litres par jour pour manger, s'éclairer, se soigner et écouter la radio. A moyen terme, une plantation spécifique devrait fournir la quantité d'huile nécessaire au générateur. Cette expérimentation va faire des petits dans les hôpitaux, les écoles... C'est sans doute ce que voulait dire cet animateur à son micro un soir où les lucioles zébraient le ciel : « Chers auditeurs, nous vous rappelons que malgré la longueur de la nuit le jour apparaîtra. »

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Published by une terrienne - dans Nouvelles technologies
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