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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 21:32

 

"Un bateau français pour Gaza" a mobilisé au delà des cercles habituels. Signe d'un changement de regard.

 

          J'ai toujours été frappée par l'ignorance des Israéliens en ce qui concerne la Bande de Gaza. Je me rappelle d'un dîner à Tel Aviv où les invités étaient tous -tous !- persuadés qu'ils ne pourraient pas faire un pas dans la Bande de Gaza sans se faire massacrer. Comme si la haine pour les Israéliens remplissait la vie des gazaouis. Comme si celle-ci était leur principale occupation, leur raison de vivre, devant l'éducation de leurs enfants, le bonheur de leur famille... De retour à Paris, j'ai souvent été choquée de voir combien il était difficile de parler de la vie quotidienne des gazaouis sans être taxé de naïveté... Et aujourd'hui, je viens de boucler un article sur la campagne « Un bateau français pour Gaza » avec l'étrange sentiment d'avoir loupé quelque chose, de me réveiller après une hibernation de quelques mois. La mobilisation autour de cette deuxième flotille de la paix pour Gaza m'a surprise. 500 000 euros rassemblés en trois mois lors de manifestations partout en France. Un appel signé par 172 personnalités aussi diverses que Jamel Debbouze, François Chérèque ou Marc Stenger, évêque de Troyes. Objectif : briser le blocus qui depuis 2007 asphyxie ce territoire.

          Comment est-on donc passé de Gaza, « base du terrorisme palestinien » à Gaza, « symbole des atteintes aux droits humains » comme m'a dit Marc Stenger ? Deux événements expliquent, il me semble, ce bouleversement. L'opération "plomb durci" qui avec ses 1600 morts du côté palestinien a profondément choqué l'opinion publique. L'arraisonnement meurtrier de la première flotille le 31 mai 2010. Surtout, des voix respectées se sont exprimées : celle de Stéphane Hessel qui, dans son livre best seller « Indignez-vous » critique vivement le blocus. Les révolutions arabes ont également changé le regard sur le conflit. La chute de Moubarak a eu une conséquence directe : permettre à ceux qui le voulaient d'entrer dans la Bande de Gaza plus facilement en passant par Rafah, la frontière égyptienne. En ouvrant le passage, le gouvernement égyptien a donné la possibilité aux hommes et aux femmes de bonne volonté de se rendre compte de la situation par eux-mêmes. Ce fut le cas de Daniel Barenboim qui, le 3 mai dernier, a organisé un concert à Gaza. Le chef d'orchestre israélo-argentin n'y a pas été massacré. Au contraire. bouleversé par cette expérience, il a loué le dynamisme de la « société civile » gazaouie dans une tribune, publiée dans le Figaro et intitulée « Gaza, une leçon d'humanité ».

          Mon dernier papier sur Israël Palestine se terminait par une phrase pessimiste. J'y annonçais le risque d'une nouvelle intifada... C'était après le discours de Benyamin Netanyahou au Congrès américain et son refus de la proposition d'Obama de revenir aux frontières d'avant 67 avec des échanges de territoires. Ce risque est réel. Mais nous pourrions être aussi à la veille d'un moment historique... Et si le refus buté de Netanyahou n'était finalement qu'un baroud d'honneur ? L'ovation des membres du Congrès, si excessive, une tentative désespérée de politiques dépassés par les événements, ? Et si, les hommes de pouvoir se faisaient rattraper, chahuter par l'histoire ? Ce ne serait pas la première fois cette année...

          Guy Aurenche, président du CCFD et signataire de l'appel des personnalités m'a donné une clé en me parlant de « Kairos », le « moment opportun » en grec. « Dans la période actuelle, il est impossible de ne rien faire, m'a-t-il confié. Il faut le faire, maintenant pour que nos petits enfants ne nous le reprochent pas plus tard. Même s'il y a des risques.» Intriguée, je suis allée voir sur Internet ce qu'était le Kairos. C'est un concept qui a été utilisé en 1985 par les Chrétiens d'Afrique du Sud dans la lutte contre l'apartheid. Ce n'est pas la première fois que le mot est cité concernant Israël Palestine. En janvier 2010, des théologiens palestiniens ont diffusé un document qu'ils ont nommé « Kairos ». Pour les Chrétiens, c'est le moment choisi par Dieu. Mais on peut y voir aussi la marche de l'histoire, lorsque toutes les conditions sont réunies pour que le changement ait lieu. Le mur ne peut alors que tomber, le despote s'enfuir (en Arabie saoudite...). C'est le point de basculement décisif. Il ne suffit alors que d'une goutte d'eau... un bateau ?

 

par Anne GOIN. La Vie . 28/06/11

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Published by une terrienne - dans Politique
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