Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

Visitez Nos Sites Amis

22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 18:01

 

    Les villes peuvent-elles infléchir les politiques étatiques d’accueil des migrants ? De Paris à Barcelone, en passant par Valence ou Lampedusa, des maires font entendre une voix dissonante par rapport aux gouvernements. Au nom de l’humanité, de la dignité, une poignée d’entre eux esquissent à l’échelle de leur ville des politiques d’accueil que les dirigeants refusent à l’échelon national. « On revient à une idée très ancienne de l’hospitalité, qui resurgit au moment où l’on ne l’attend plus de l’Etat », observe l’ethnologue et anthropologue Michel Agier. Car cette crise migratoire, qui se résume à des chiffres pour les ministres, s’incarne dans des visages pour les élus locaux.

 

   En France, deux villes osent déjà la différence : Grande-Synthe (Nord), la pionnière, Paris, la symbolique. Dans la banlieue de Dunkerque, le maire écologiste Damien Carême a construit un camp de transit aux normes internationales, financé par Médecins sans frontières. C’est aujourd’hui au tour de Paris de construire son camp humanitaire. La maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, a annoncé, le 31 mai, l’ouverture d’un lieu où seraient installés cabanons, sanitaires et pôle d’information pour éviter les campements de fortune qui se reforment sans cesse depuis un an. A Grenoble, la ville et la métropole soutiennent des actions d’accueil menées par un collectif d’associations. Comme beaucoup d’autres.

 

   Initiative d’intégration

   Cette démarche d’accueil existe déjà à Sao Paulo, au Brésil. A peine élu en 2012, Fernando Haddad, le maire, a lancé une initiative d’intégration pour tous ceux qui affluent vers sa mégapole. Deux mois plus tard, les nouveaux venux peuvent dormir jusqu'à 4 mois dans un centre d'accueil, y trouvent assistance et enseignement du portugais. A l'été 2015, Rogerio Sottili, secrétaire adjoint aux droits de l'homme de la ville, était venu à Paris expliquer la pleine réussite du dispositif, lors d'une rencontre de l'Organisation pour une citoyenneté universelle.


   En Italie, Giusi Nicolini, la charismatique maire de Lampedusa, ne loupe aucune occasion d'interpeller Rome et Bruxelles entre 2 sauvetages de barques au large de son île. A peine élue, elle avait fait refaire son centre de réception pour offrir "un accueil digne". D'autres lui emboitent le pas dans ce pays d'arrivées massives. Depuis l'été 2015, Milan a transformé une partie de son mémorial de la Shoah, situé sous la gare centrale en zone d'accueil avec lits de camp et douches. A Valence, en Espagne, ce sont des logements publics et des installations municipales qui ont été mis à disposition ...Et la liste des villes d'accueil pourrait s'allonger encore, preuve d'un véritable élan des populations. 

 

   "Dans la période de crise actuelle, un écart est apparu entre le gouvernement et les habitants, insiste Michel Agier. Le gouvernement prétend se montrer protecteur et désigne les migrants comme des menaces pour la sécurité et l'identité du pays. Les habitants, eux, veulent voir dans ces arrivées une occasion de se montrer concernés par l'état du monde, agissant plutôt qu'indifférents, solidaires avec des peuples et des personnes en danger (...) Ce sont bien les municipalités, les villes , qui aujourd'hui, peuvent le mieux réaliser cette médiation indispensable entre habitants et migrants, et ainsi relancer l'idée d'hospitalité."

 

   Vieilles oeillères étatistes.
 

   Les 3 et 4 Mai, ces villes refuges se sont réunies à Barcelone à l'appel de la maire, Ada Colau.En septembre 2015, l'ex-indignée, avait lancé un appel. "Bien qu'il s'agisse d'une compétence des Etats et de l'Europe, avait-elle martelé depuis Barcelone, nous ferons tout ce que nous pourrons pour participer à un réseau de villes-refuges." Le Parti Populaire l'a qualifiée d'"irresponsable", mais qu'importe, le réseau va son chemin, construit sur le modèle des villes refuges pour écrivains poursuivis par des fatwas, lancé en 1995. "Nous attendons des villes refuges ce que nous renonçons à demander à l'Etat", avait alors déclaré le philosophe, Jacques Derrida. Une phrase toujours d'actualité.

 

   Passionné depuis 25 ans par l'observation des villes, Ola Söderström, géographe à l'université de Neufchâtel, a perçu des septembre 2015, la potentielle puissance du mouvement lancé par Ada Colau. La maire montre "qu'il faut considérer les lieux du pouvoir politique, aujourd'hui, comme plus nombreux et plus diversifiés que nous les voyons à travers nos vieilles oeillères étatistes", commentait-il alors sur son blog. Professeur émérite de géographie à Paris-Ouest-Nanterre, Guy Burgel croit aussi au pouvoir des villes. "L'abbé Pierre n'a pas, à lui seul, fait changer les politiques par son appel de 1954, mais ce cri a indéniablement pesé sur les politiques qui ont suivi, observe-t'il.Les villes ne feront pas à elles seules, plier les gouvernements,  mais elles y concourent." insiste le spécialiste. C'est aussi ce que pense Pierre Henry, le directeur de France Terre d'asile, qui voit dans la proposition d'Anne Hidalgo un moyen pour faire " bouger les lignes des politiques migratoires en Europe".

 

   Le souci écologiste des villes a été moteur pour les Etats, comme l'a montré l'économiste et urbaniste Jean Haëntjens dans son livre Le Pouvoir des Villes (Ed de l'Aube, 2008). Aujourd'hui, on peut se demander si la gestion des migrants ne va pas renforcer leur pouvoir en obligeant l'Etat à humaniser son approche. C'est ce qui se passe à Grande-Synthe, où l'Etat a été contraint de reprendre l'initiative municipale et de gérer un camp dont il ne voulait pas. La pression de l'opinion a joué. Comme le rappelle M.Haëntjens, "dans un contexte de défiance générale vis-à-vis des institutions, les maires des grandes villes font partie des rares responsables qui ont gardé l'estime de leurs concitoyens ..."

 

de Maryline Baumard, pour Le Monde du 21/06/2016

Partager cet article

Repost 0
Published by une terrienne - dans solidarité
commenter cet article

commentaires

Sabine 25/06/2016 23:52

Article rassurant. Bravo à tous ces gens qui se démènent pour les parias. Envie de regarder à la télé les résultats de tant d' actions/ Initiatives. Merci.