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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 12:46

Dans la bande sahélienne, un programme complexe et ambitieux de plantation d'arbres doit s'intégrer aux besoins des populations locales.

En file indienne, elles avancent par centaines d'un pas mécanique et assuré, tendues vers un seul objectif: l'eau. Au nord du Sénégal, les troupeaux de vaches aux cornes amples, qui font la richesse des Peuls et expriment la puissance de leurs propriétaires, sont au cœur de toutes les attentions. Les nourrir, les abreuver occupe chaque instant des familles. À Widou (commune de Téssékéré), dans la région du Ferlo, bêtes et hommes ont ainsi organisé leur vie autour de l'un des forages creusés dans les années 1950 par les Français et s'y retrouvent quotidiennement dans un entremêlement de bêtes et de charrettes.

Les unes pour boire, les autres pour apporter le précieux liquide aux troupeaux restés près des campements, complétés ces dernières années par des moutons et des chèvres. Mais l'équilibre est de plus en plus fragile dans cette zone sahélienne où la pression des bêtes et des hommes sur le milieu tourne vite au drame, pour peu que la pluie déjà faible se fasse encore plus rare ou plus simplement ne tombe pas au bon moment. [...]

C'est pour tenter de parer à la désertification rampante dans tous les pays subsahariens qu'en 2002, lors d'un sommet organisé sur le sujet au Tchad, est apparue l'idée de planter des arbres. Le projet de La Grande muraille était né. Une ligne végétale partant du Sénégal à l'ouest et longeant le désert africain pour rejoindre Djibouti à l'Est, avec 11 pays traversés. L'idée est définitivement approuvée en 2005. Le tracé projette de boiser une bande d'environ 15 kms de large, là où la pluviométrie est au mieux inférieure à 400 mm d'eau par an. Au Sénégal, la bande concernée, s'étend sur 550 kms. D'ouest en est, jusqu'à Djibouti, cela représente un peu moins de 8.000 kms.

Un projet aussi complexe qu'ambitieux. Dix ans après son lancement officiel, "il s'agit toujours d'un projet embryonnaire", estime la spécialiste de biologie végétale, Deborah Goffner, directrice de recherche au CNRS et membre de l'équipe scientifique qui travaille au Sénégal. [...]

Mais le projet a évolué. Il est désormais pensé comme un aménagement territorial avec les populations, et pas seulement comme des arbres plantés sur des kms.

Environ 5000 ha d'arbres sont plantés chaque année depuis 2008. "La première règle à respecter c'est de choisir des espèces d'arbres qui résistent aux conditions pluviométriques difficiles". Il en va ainsi de certains acacias dont les racines peuvent représenter jusqu'à 20 fois la partie aérienne de l'arbre. "Mais il s'agit également de voir auprès des populations locales ce qui les intéresse. 7 espèces ont ainsi été sélectionnées sur des critères aussi sociologiques qu'écologiques" rapporte Aliou Guissé, le co-directeur de l'UMI (Unité Mixte Internationale, le premier laboratoire international du CNRS avec des universités africaines, basé à Dakar)

D'un simple regard, le terrain ceinturé d'un grillage parait plus dense qu'aux alentours. "Le taux de réussite de ces plantations est de 70% " affirme Aliou Guissé, mais il a fallu planter et replanter tant les conditions sont difficiles. Sans oublier l'effet très important des espèces qui se régénèrent naturellement. Derrière les barrières, les jeunes pousses sont en effet protégées de la voracité des troupeaux."Pour que l'arbre ait une chance de survivre, il faut qu'il soit suffisamment grand afin que les chèvres ne puissent pas accéder aux bourgeons", poursuit-il. Parmi les 7 espèces réintroduites, 2 ont les faveurs de la population. Balanites Aegyptiaca, plus connu sous le nom de "dattier du désert", est utilisé en médecine pour réguler la tension artérielle. Les travaux des chercheurs ont également montré les propriétés antioxydantes du fruit, par ailleurs très riche en acide gras insaturé. Autre source de revenu, l'Acacia Sénégal , dont on extrait la gomme arabique. Dans cet espace clos depuis plusieurs années, les arbres sont aujourd'hui arrivés à maturité. Dans les 2 cas, il existe des projets pour pouvoir les exploiter.

Faire baisser la chaleur

 Lorsque D. Goffner pénètre à quelques kms de là sur une 

autre parcelle également protégée, une petite déception

se lit sur son visage. Ici, tout est expérimental : des arbres

ont donc été plantés il y a 2 ou 3 ans avec des graines de

différentes provenances, avec ou sans engrais, mais plusieurs

restent invisibles. Pas de quoi décourager la chercheuse, mais

il faut se faire à l'évidence : le taux de survie de certaines

espèces ne dépasse pas 20%. Clairement, "les arbres qui s'en

sortent le mieux sont ceux qui se régénèrent tout seuls,

lorsqu'ils sont protégés par des barrières", remarque-t'elle.

  L'enjeu est essentiel. Dans ces zones où le baromètre tutoie 

en été des températures parfaitement inconnues des climats

continentaux, des arbres même maigrichons, même espacés de

plusieurs mètres, suffisent-ils à faire baisser légèrement la

chaleur et à apporter un peu d'humidité ? Les capteurs posés 

depuis plus d'un an déjà sur plusieurs arbres "montrent des

tendances très favorables", rapporte Aliou Guissé, "si cela se

confirme, ce sera un argument de plus en faveur du

reboisement".

   Du côté de l'agence sénégalaise, la détermination est totale.

"Nous avons fait un tiers du programme en 6 ans, soit environ

176 kms sur les 550 avant de passer en Mauritanie. Il nous

faudra encore 15 ans au moins pour arriver jusqu'au bout",

raconte Papy Waly Gueye, le directeur de l'agence.

   Albert est né en 1945. Sur le seuil de sa maison il raconte 

bien volontiers le grand programme mené par des Allemands

auquel il a participé au milieu des années 1970 pour tenter de

maintenir un indispensable équilibre entre les hommes, les

animaux et la nature. Mais il n'a pas résisté à la pression

humaine, au bétail trop nombreux : "Quand les animaux ont

faim, les éleveurs deviennent sourds et aveugles", résume

Albert. "Mais je souhaite que ce projet de Grande 

Muraille Verte réussisse", assure-t'il.

   Y a-t'il un autre choix ?

Marielle Court, envoyée spéciale à Widou (Sénégal) pour Le Figaro.

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Published by une terrienne - dans Environnement
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commentaires

Françoise 19/05/2016 23:21

Quel courage et quelle persévérance. Résister à la tentation de "prendre" du feuillage quand les animaux n'ont rien à manger, ou du bois pour cuisiner quand tout a été utilisé...Bravo