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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 17:02

Elles sont connues ou inconnues. Elles sont Africaines et Le Monde a décidé de leur rendre hommage, à l’occasion de la journée de la femme, le 8 mars. Elles n’ont pas été choisies pour leur fortune, ni pour leur influence, mais parce qu’elles ont impressionné huit des journalistes au Monde qui traitent de l’Afrique. Le choix a été subjectif, le résultat est varié : photographe, banquière, soeur religieuse, agricultrice, actrice, geek ou ancienne couturière. Ce sont les femmes à qui nous tirons notre chapeau, celles qui sont en train de changer leur continent. Beaucoup d'autres sont sur leurs traces que nous n'avons pas pu citer ici. Les femmes ne seraient-elles pas l'avenir de l'Afrique ?

Lupita N'yong'o.

Lupita N'yong'o.

LUPITA NYONG'O, 31 ans (Kenya) - Diplômée du Hampshire College (Massachussets) en cinéma et théâtre, ainsi que de l'université de Yale, en art dramatique, la jeune actrice mexicano-kényane, Lupita N'yong'o, a remporté, début mars, l'Oscar du meilleur second rôle féminin dans "12 Years A Slave", le film de Steve McQueen qui raconte le destin véridique de Solomon Northup, un homme noir libre enlevé et réduit en esclavage aux États-Unis pendant 12 ans, peu avant la Guerre de Sécession.

Lupita, née au Mexique, originaire du Kenya, est devenue célèbre du jour au lendemain. En partie en raison de son élégance, devenue emblématique, ou peut-être du fait que l’Oscar (du second rôle) était attribué à une actrice à la fois africaine et mondiale, Lupita Nyong’o est devenue une icône.

Elle semblait faite pour ça : incarner une femme universelle qui soit aussi une femme noire, à la beauté et la grâce si éclatantes qu’elles ont des vertus étonnantes. Comme celle de révéler d’autres femmes à elles-mêmes. Lupita Nyong’o n’a pas besoin de dire « Africa is beautiful » (l’Afrique est belle), elle en fait la démonstration à chaque instant. Un exemple ? Quelques semaines avant les Oscar, Lupita Nyong’o était invitée à la remise des prix décernés par le magazine Essence aux femmes noires d’Hollywood.

Pour son discours, elle a décidé de lire la lettre d’une toute jeune fille, qui lui avait écrit pour annoncer avoir renoncé aux crèmes éclaircissantes pour la peau, ayant compris en la regardant que oui, de toute évidence, on pouvait être noire et belle. Et merveilleusement bien dans sa peau. Cela s’appelle servir de modèle.

Jean-Philippe Rémy.


 

Souad DIBI

Souad DIBI

SOUAD DIBI et le « féminisme participatif".

D’un pas lent mais assuré, Souad Dibi traverse la grande entrée du Palais des congrès de Genève, où elle est venue participer à un forum mondial sur l’innovation. Le thème lui tient à cœur, car « de là où je viens, il faut inventer tout le temps, surmonter l’adversité et imaginer le futur en permanence ».

Souad Dibi vit depuis trente ans à Essaouira, une province du littoral atlantique marocain aux innombrables attraits touristiques. Mais, selon des indications de l’Initiative nationale pour le développement humain, la région connaît aussi un taux de pauvreté de plus de 30 % qui touche d’abord la jeunesse et les femmes.

Souad a créé en 1998 une association pour venir en aide à des femmes d’Essaouira abandonnées et sans ressources, aujourd’hui l’une des plus importantes de la localité.

Chaque année, son association El Khir (bienfaisance en arabe) accompagne en moyenne 120 femmes à retrouver une autonomie en les formant à des activités génératrices de revenus : cuisine, pâtisserie, services à la personne… Rien ne prédestinait cette ancienne couturière de 48 ans à se dévouer à la réinsertion socioprofessionnelle des femmes d‘Essaouira. "Si ce n’est [sa] révolte naturelle contre l’injustice et l’attentisme "  qu’elle a ramenée d’Al Jadida, sa ville natale près de Casablanca, lorsqu’elle s’est mariée à un artisan menuisier de la côte marocaine.

Le féminisme de Souad Dibi se veut « participatif » et non vindicatif ni revendicatif. Sa voix fluette et son ton calme contrastent avec son exaspération. « Nous faisons un travail que les pouvoirs publics devraient garantir à tous les citoyens, surtout dans les zones rurales », déplore la militante associative pour qui « le féminisme consiste d’abord à répondre à des besoins concrets ».

Raoul Mbo

Hela CHEIKROUHOU

Hela CHEIKROUHOU

HELA CHEIKHROUHOU, banquière du climat

Elle a choisi de laisser tomber les bonus de la Citibank pour « faire du développement » et donner du sens à une vie qu'elle ne voyait pas limitée à la recherche « de profits à court terme pour satisfaire l'appétit toujours plus grand des actionnaires ».

Désormais, ses « clients » sont des pays et son job n'est pas de leur apporter un rendement à trois mois mais de leur donner accès à des financements qu'aucune autre institution n'est en mesure de leur fournir pour s'adapter au changement climatique.

Installée en Corée du sud avec une équipe d'une cinquantaine de personnes, la banquière sait que les projets qu'elle sera en mesure – ou pas – d'aligner d'ici la fin de l'année seront déterminants pour conforter le processus de négociations internationales qui doit aboutir à la signature du premier accord mondial sur le climat en décembre à Paris. Avec ses limiers, elle parcourt le monde pour convaincre les gouvernements d'investir dans la protection du climat et identifier les projets qui feront la différence pour faire dévier de sa course la courbe mondiale des températures.

Dans quelques semaines, elle sera au Mali pour expliquer aux gouvernements africains comment ils peuvent être les premiers à tirer partie du Fonds vert. Et ils auront toute raison de la croire. Avant d'être choisie à ce poste et en partie pour cela, elle a réussi lors des sept années passées à la Banque africaine de développement à mettre sur pied les projets énergétiques les plus innovants comme le grand complexe de géothermie de Menengaï dans la vallée du Rift au Kenya.

Laurence Caramel

Juliana ROTICH

Juliana ROTICH

JULIANA ROTICH, kéniane, la reine des geeks d’Afrique.

Elle est une fée d’Afrique qui œuvre à changer le continent de sa baguette technologique. La Kényane Juliana Rotich se montre là où il faut être. On peut certes la croiser dans les prestigieuses conférences innovantes TED, au Forum économique de Davos, ou au MIT Media Lab, mais aussi à Kibera, l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique, au sud de Nairobi. Mais c’est bien sur le Web, où sont retransmises ses conférences vues par des millions d’internautes, que Juliana Rotich se révèle. Cette jeune femme accorte  de 37 ans en est persuadée : « Les nouvelles technologies jouent un rôle crucial dans le développement du continent ». La brillante informaticienne née dans un village de la vallée du Rift et formée à l’université du Missouri, aux Etats-Unis, le répète tel un mantra.

Juliana Rotich et ses amis kényans, blogueurs et informaticiens de talent, ont fait montre de leur capacité à agir dans le monde virtuel pour transformer le réel. Ensemble, ils avaient créé, dans l’urgence des violences postélectorales de 2007, le premier logiciel open-source « made in Africa », Ushahidi, pour cartographier les dégâts et les témoignages.

Sous l’impulsion de Juliana Rotich et ses amis, Nairobi se mue en capitale technologique d’Afrique adoubée par le patron de Google, Eric Schmidt. Un lieu cristallise cette tendance : iHub, espace communautaire ouvert et moderne fondé en 2010 par son ami blogueur Erik Hersman. Juliana Rotich fait fonction de conseillère de ce laboratoire design et branché au service des start-up.

Avec Erik Hersman, elle pense un autre projet, un autre défi sur lequel planchent aussi Facebook, Google et autres : augmenter l’accès à Internet et connecter non pas seulement les capitales mais aussi les contrées reculées. Depuis iHub à Nairobi, Juliana Rotich a élaboré BRCK, un petit boîtier permettant de se connecter au Wifi même lorsqu’il n’y a pas d’électricité.

Joan Tilouine.

PATRIMA

PATRIMA

PATRIMA, chanteuse équato-guinéenne contre la polygamie

Si les rythmes des chansons de Patrima sont joyeux et entraînants, ses paroles peuvent être graves. Elle dénonce notamment les ravages de la polygamie qui fait naître de la jalousie entre les femmes et donc des tensions énormes.

La chanteuse espère réveiller les consciences féminines et inciter les Africaines à prendre leur destin en main « pour qu’elles apprennent à s’assumer, à se défendre et à s’émanciper. »

L’autre combat de Patrima est celui de la défense de la musique traditionnelle. Elle aimerait que les jeunes musiciens africains retournent à leurs origines et cessent d’être influencés par « tous ces clips américains, où le chanteur jette des billets de banque dans une piscine ou un jacuzzi sur des filles en bikini en train de se trémousser. » Un autre combat qui prendra du temps.

Pierre Lepidi

Marie-Thérèse

Marie-Thérèse

MARIE-THERESE, Congolaise, et ses enfants de Brazzaville

Pour Marie-Thérèse, 63 ans, offrir sa vie à Dieu ne suffisait pas. En 1987, alors qu’elle avait déjà passé la moitié de sa vie au couvent de Brazzaville et qu’elle visitait comme chaque jour les prisons de la capitale congolaise, elle tomba sur Albert, un enfant de trois ans qui vivait avec sa mère incarcérée pour meurtre. Elle décida de se s’occuper de lui jusqu’à la sortie de prison de sa mère. Cela allait changer sa vie. Elle emporte Albert au couvent et passe de soeur à maman.

Depuis, elle a accueilli plus de 200 enfants. Cinquante-trois en ce moment et dont s’occupent quatre « mamans » qui se relaient pour être présentes 24h/24.

Ces enfants sont abandonnés, handicapés, réfugiés en provenance du Rwanda ou encore des shegué (enfants de la rue, en lingala). Marie-Thérèse leur donne de l’amour, une famille, l’accès à l’éducation et de la force de préparer leur vie d’adulte. Ils restent jusqu’à leur 18 ans.

« Dans chacun de ces enfants, je vois Dieu, dit-elle. Et comme je ne peux pas rencontrer Dieu et lui dire combien je l’aime, je passe par eux ». Sa générosité, son courage, a ému de nombreuses personnalités en Europe. Une association, Badao, a été créée par le photographe Yann Arthus-Bertrand pour soutenir ses projets.

Diane Audrey Ngako.

Feddy TESHA

Feddy TESHA

FEDDY TESHtanzanienne, productrice de lait.

Quand on contemple Feddy Tesha, petit bout de femme de 58 ans, dans les réunions officielles à Dar es Salam, dans les travées de sa ferme ou sur les routes de Tanzanie, qu'elle arpente sans cesse, on se pose deux questions. D'abord: quel ressort en elle lui a-t-il permis de développer une des principales exploitations laitières de son pays au lieu de rester petit paysan comme ses parents ou simple fonctionnaire comme ce que lui promettait son éducation modeste ? Mais aussi: à quoi ressemblerait l'Afrique si tout le monde était comme elle?

Un jour, il y a dix-sept ans, Feddy a pris une vache à l'arrière de sa maison pour mieux nourrir ses quatre enfants. Les soins prodigués à l'animal lui on fait produire plus de lait que la moyenne (10 litres par jour au lieu de 3). Elle a donc commencé à en vendre à ses collègues, fonctionnaires comme elle. Devant le succès de ses petites affaires, elle a pris une seconde vache, puis d'autres, a construit une étable, puis deux. Aujourd'hui, Feddy Tesha a 60 vaches, produisant plus de 1000 litres par jour, et son usine de traitement du lait reçoit la production de 135 petits producteurs, des femmes pour la plupart. Elle est présidente de l’association laitière de Tanzanie et sa société, Profate Investment Ltd, cherche 1,2 million de dollars pour développer une coopérative laitière dans le district de Mkuranga, au sud de Dar es Salam, où 624 petits producteurs sont prêts à livrer leur lait et où le gouvernement met 850 hectares à leur disposition. Elle a toutes les chances de trouver cet argent: des organisme locaux comme le Southern Agricultural Growth Corridor of Tanzania (Sagcot) ou internationaux comme l’initiative Grow Africa, issue du World Economic Forum, l’ont placée en orbite des projets pouvant intéresser les investisseurs internationaux, lesquels considèrent désormais que l’Afrique est une des destinations les plus rentables de la planète.

La coopérative qu’elle prépare aura en son coeur une ferme modèle où seront dispensés des cours principalemen aux femmes Massai, qui sont en charge du lait: pratiques modernes de production laitière, architecture des fermes laitières, les soins vétérinaires, le stockage du foin et l’usage des silos à grain, la manipulation hygiénique du lait, le bio-gas et l’énergie solaire, la collecte des eaux pluviales, la préparation de pâturages résistant à la sécheresse et à haute valeur nutritive, l’insémination artificielle.

Feddy Tesha espère transformer la filière laitière de son pays. Entre temps, son succès a déjà transformé la vie de ses enfants. L’aînée est laborantine dans un hôpital. La seconde informaticienne. Le troisième fait un MBA dans une bonne école. Quant à son fils adoptif, le dernier, il a étudié la finance et travaille dans l’immobilier.

Serge Michel.

Zanele MUHOLI

Zanele MUHOLI

Quadragénaire originaire du Kwazulu Natal, une province du littoral est de l’Afrique du Sud, Zanele Muholi s’est rendue célèbre ces dernières années pour son travail centré sur la vie des femmes homosexuelles noires de l’Afrique du sud post-apartheid. Un travail à travers lequel elle dénonce les violences dont celles-ci sont souvent victimes, 

La photographe fait aujourd’hui la fierté d’une sphère LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes) internationale . Ici, c’est la revue française Well Well Well, unique revue lesbienne en France, qui lui consacre plusieurs pages dès la sortie de son premier numéro. Là, la BBC britannique couronne l’un de ses clichés en le classant parmi « les plus beaux baisers de l’histoire de l’art ». Ailleurs, le New York Times célèbre la « principale chroniqueuse » de la vie des homosexuelles, « sur un continent où elles vivent menacées ».Si l'Afrique du sud fut l’un des premiers pays au monde a légaliser le marriage gay en 1996, les associations de défense des droits de l’homme y affichent d’effrayantes listes de meurtres et autres « corrective rapes », des viols censés « guérir » la victime de son homosexualité.

Zanele Muholi, qui déplore de son côté l’absence de médiatisation de l’homosexualité féminine - tout du moins sous un jour positif - a pourtant réussi à redresser la tendance. Sortie diplomée en 2002 du Market Photo Workshop, une école fondée par le célèbre photographe sud-africain David Goldblatt, elle a depuis créé sa propre organisation de soutien aux lesbiennes sud-africaines, lancé un média participatif en ligne dédié à la question, réalisé deux documentaires sur le sujet, exposé ses clichés aux quatre coins du monde, et à ce jour, la section « récompenses » de son CV compte déjà plus de dix lignes. Son calendrier 2015 est lui interminable. Un rapide coup d’oeil permet d’y relever les mots « Oslo », « Londres », « New York », « Venise », « Cape Town », ou « Buenos Aires ».

Marc Bettinelli


 

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Published by une terrienne - dans Société
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