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   Editorial

Et bien, c'est simple : l'idée est que nous ne pouvons plus accepter de nous laisser tyranniser par la politique du négativisme tous azimuts qui fait que l'on ne nous parle que de ce qui va mal, alors que partout dans le monde et à tout instant, des milliers de gestes, de paroles, de décisions, d'évènements, d'hommes sont porteurs de positif, d'espoir, de générosité, de progrès, d'humanité. Il est grand temps de se bouger : à nous de les chercher, de les débusquer, d'y prêter attention, et surtout d'en parler autour de nous.

Nous ne sommes pas programmés pour désespérer de tout. Nous sommes aussi capables du meilleur.

Mettons en route la spirale du "mieux sur terre" pour en finir avec la spirale infernale du négativisme et tous ensemble nous en sortirons vainqueurs, plus humains et  plus heureux encore !!!

Isabelle, une terrienne

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 17:46
le West-Eastern Divan Orchestra
le West-Eastern Divan Orchestra

Par la grâce de la musique, un dialogue au-delà des frontières, des cultures et des religions est possible.

Layale est libanaise et chrétienne d'origine palestinienne. Asaf est juif et israëlien. Violonistes au sein de l'organisation de Barenboim, ils réalisent ce que les dirigeants du Moyen-Orient peinent à mettre en oeuvre: le dialogue.

Asaf, 31 ans, et Layale, sept ans de moins, ne sont pas frère et soeur, ni même cousins. Mais leurs mots portent la même grâce. Ils soufflent un monde d'harmonies, d'émotions, de cordes qui vibrent et qui pleurent, de sursauts lyriques et de retours à terre.

LE MONDE DE CES DEUX VIOLONISTES loge tout entier dans l'étui noir de leur instrument. Chacun s'est fait une place rare, loin des siens, mais au plus près de sa passion musicale.

Après avoir quitté son Liban natal pour Paris et le Conservatoire, il y a cinq ans, Layale poursuit désormais une année d'études à l'université de Columbia, à New York.

Asaf, lui, est né et a grandi à Tel-Aviv, mais c'est à Leipzig qu'il a perfectionné son violon. Il vit désormais à Berlin.

Ce soir-là, ils interpréteront la Tosca, sous la direction d'un chef d'orchestre que beaucoup de musiciens rêvent d'avoir pour maître, Daniel Barenboim.

LE MONDE SERAIT DEJA BEAU, s'il s'arrêtait là, mais il va bien au-delà. L'Histoire, en effet, aurait du tenir Layale et Asaf à bonne distance, séparés par des check-points hautement surveillés.

Elle est chrétienne et libanaise. Sa grand-mère maternelle, palestinienne, a du quitter Haifa lorsque la ville a été incorporée à Israêl.

Israël, le pays d'Asaf, juif et "pro-sioniste" comme il dit, de père séfarade aux origines turques et de mère ashkénaze aux origines hongroises.

Ils ont grandi à 200 kms de distance, guère plus. Mais jamais ils ne se sont rendus dans le pays de l'autre. Cet été pourtant, en Argentine, puis à Londres, Berlin, Salzburg, Lucerne, ils ont pris place sur les mêmes scènes pour interpréter les mêmes partitions, devant un même public complètement charmé. Ils en feront autant cet hiver.

TOUS DEUX APPARTIENNENT au West-Eastern Divan Orchestra*, surnommé Le Divan, oeuvre vivante du prolifique Daniel Barenboim, qui, il y a quinze ans, a la folle idée de réunir de jeunes musiciens arabes et israéliens, tous des professionnels, dans une formation symphonique. A raison de 2 sessions par an, la singulière équipe parcourt le monde pour se produire dans les salles les plus courues et démontrer en musique la possibilité de ce simple exercice qui échappe aux dirigeants de ce Proche-Orient si compliqué : dialoguer.

Le West Eastern Divan Orchestra ne sert pas un slogan politique ni ne milite pour la paix. Il s'en tient à Tristan et Iseult ou aux neuf symphonies de Beethoven.

LA MUSIQUE, RIEN QU'ELLE, interprétée avec l'exigence d'excellence du chef d'orchestre israélo-argentin." Nous n'avons pas la prétention d'apporter une solution au conflit israélo-palestinien", dit Asaf d'emblée. La seule chose que nous pouvons faire, c'est de communiquer. Moins on communique, plus grandes sont la haine et la peur". Layale ne pense pas à autre chose :" L'Orchestre n'oeuvre pas pour la paix, mais pour le dialogue, explique-t'elle. La paix viendra le jour où ce dialogue sera fructueux". Il y a aussi la personnalité de Daniel Barenboim, "incroyablement engagée et incroyablement généreuse"

A les entendre, il se joue sur la scène la partition rêvée par les multiples médiations et "processus de paix": "En dépit de nos différences, nous jouons le même phrasé au même moment", décrit Layale. "C'est un partage très fort et un très beau sentiment, qui tiennent à la musique. C'est la seule discipline au monde où chacun dit tout en écoutant l'autre dire autre chose." A Asaf, le Divan a apporté une connaissance intime de cet autre que le discours politique fige dans une position d'ennemi. "Jusqu'alors, je m'informais du quotidien des Palestiniens par les médias", explique Asaf , " Israéliens et arabes, nous avons un discours différent, mais il est important de s'écouter pour comprendre les sentiments de peur et d'oppression que l'autre ressent. Je peux me mettre dans leurs baskets". Car la peur, l'un et l'autre l'ont connue...

Le Divan nourrit l'espoir des incrédules qui voudraient encore croire, mais il a la fragilité des oeuvres d'art. Il tient à un fil. Les soubresauts d'un présent brûlant, avec l'opération israélienne de ce Juillet 14, lancée contre Gaza en réactions aux tirs du Hamas et ses morts - environ 2.140 côté palestinien, 70 côté israélien - se sont immiscés avec fracas dans la tournée estivale des musiciens. "Cet été était très sensible pour chacun d'entre nous, résume Asaf. Mais c'était très positif, car après nos discussions houleuses, tout redevenait normal." Et Layale de renchérir : " Dans des moments comme cet été, l'orchestre est remis en question. Le bateau tangue et parfois frôle le naufrage."

MAIS PAR LA GRÂCE DE LA MUSIQUE, il n'a encore jamais coulé.

Extraits du Hors-Série "Envies d'Agir" de l'hebdo La Croix.

* Fondé à Weimar en 1999 par le chef d’orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim et l’intellectuel d’origine palestinienne Edward Said, le West-Eastern Divan Orchestra s’est imposé comme l’une des meilleures formations de la scène musicale internationale. Symbole d’espoir, cet orchestre symphonique hors du commun réunit de jeunes musiciens professionnels originaires du Proche et du Moyen-Orient, Israël, Liban, Syrie, Jordanie, Iran ...ainsi que d'Espagne. Le concert donné à Londres lors des BBC Proms 2014 a permis de fêter les 15 ans de l’ensemble. Au programme, une sélection d'inspiration ibérique des airs les plus connus de Maurice Ravel : "Rhapsodie espagnole", "Alborada del gracioso", "Pavane pour une infante défunte" et, bien entendu, le célèbre "Boléro".

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Published by une terrienne - dans Musique
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commentaires

pivin jacqueline 26/01/2015 03:05

Barenboim et son "Divan" c'est une petite lumière qui fait le tour du monde depuis 15 ans ; c'est merveilleux de le voir, de l'entendre . Et c'est bon simplement de penser à lui .

une terrienne 28/01/2015 10:59

Merci pour ce beau commentaire, Jacqueline.

Françoise 25/01/2015 22:27

C'est beau. On se dit qu'il peut encore y avoir de l'espoir.

une terrienne 28/01/2015 10:58

Bien sûr !!!! On en a plein.

Jérémie 25/01/2015 17:38

Superbe!
Dommage qu'il n'y ait pas un lien vers une vidéo de l'orchestre...

une terrienne 28/01/2015 10:57

Un lien vers une vidéo de Barenboim et son orchestre vient d'être publié, hier. Merci pour la remarque.